Annales des Mines (1847, série 4, volume 11) [Image 354]

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toute la portée. dans l'avenir; il ne lui était pas donné d'entrevoir, par exemple, qu'un jour peutêtre l'emploi de la propulsion atmosphérique dans la circulation sur les voies de fer pourrait donner aux modestes expériences de Rancié l'application la plus étendue, et, pour me servir d'une expres-

sion du jour, une portée humanitaire. Beau privilége , en effet, des travaux scientifiques, leur pouvoir ne connaît ni le temps ni l'espace; il se fortifie de ce qui amoindrit tous les autres. L'établissement de cette longue conduite d'air fut donc l'occasion d'une nombreuse série d'expé-

riences, faites de concert avec M. l'ingénieur Marrot , et qui portaient sur la valeur générale de la pression et de la dépense de l'air à l'extrémité

d'une conduite, en fonction de sa longueur, de son diamètre et de la pression à l'entrée; sur les variations que ces valeurs éprouvent, soit par l'effet des coudes brusques, soit en terminant la conduite par des orifices en minces parois de divers diamètres ou par des ajutages coniques plus ou moins semblables aux buses des machines souf-

flantes, etc., etc. Elles fournissent des résultats précieux à la fois par la simplicité de leurs formes

et par la précision de leur application pratique, comme M. d'Aubuisson lui-même l'a vérifié en les appliquant numériquement à une quantité considérable de machines. Au reste il a publié tous ces travaux avec détail dans les Annales des mines, années 1826 et suivantes et les a résumés

plus tard dans son Traité d'hydraulique. La dernière de ces publications fut faite en 1829 ;

M. d'Aubuisson venait de livrer à la ville de Toulouse le grand travail de distribution d'eau auquel il avait donné ses soins plus ou moins directs de-

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puis dix ans, et aux savants il donnait aussi alors son Traité du mouvement de l'eau dans les conduites, qu'il refondit plus tard dans un ouvrage plus général. L'époque de 183° arrivait; la vie toute utile, toute scientifique de M. d'Aubuisson, la libéralité d'esprit qu'il savait unir à la chaleur de ses principes, son absence d'ambition, les services éminents enfin qu'il avait rendus à la ville, donnaient lieu d'espérer qu'en dehors de toute pensée politique il pourrait être appelé à lui en rendre encore comme conseiller municipal : il n'en fut point ainsi ; naturellement enveloppé dans la déchéance du conseil dont il avait fait partie, M. d'Aubuisson n'était pas homme à rechercher des suffrages pour y revenir; il sentit que le moment était venu où son rôle d'homme public et son influence dans les affaires de la ville devaient cesser. 11 en profita pour sa tranquillité et pour se livrer avec une plus entière abstraction à ses études favorites. La science devait gagner à ce laborieux repos ; ce fut l'époque en effet où il composa son Traité d'hydraulique destiné à résun-ier, , en outre de ses propres recherches, l'ensemble des connaissances les plus générales et les plus précises sur les mouvements de l'eau et de l'air et sur le calcul de l'effet des machines que ces deux éléments mettent en jeu. Ce fut son dernier ouvrage; c'est aussi, nous le croyons ,son ouvrage capital , son titre sans doute le plus positif et le plus durable à la reconnaissance des savants et des praticiens. Il serait. superflu de parler avec détail du Traité d'hydraulique, l'éloge même ici serait superflu : tous les ingénieurs ont ce livre entre leurs mains, et il sera longtemps leur guide. Ils y aimeront toujours cette clarté d'exposition