Annales des Mines (1910, série 10, volume 18) [Image 75]

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EXPERIENCES SUR LES POUSSIERES DE HOUILLE

participation de l'hydrogène à la combustion soit aussi élevée ; le rapport de l'hydrogène brûlé au carbone brûlé est au moins aussi grand que pour le charbon de Liévin, quoique le rapport de l'hydrogène au carbone dans le charbon expérimenté soit sensiblement plus faible, 0,045 au lieu de 0,054 ; mais il convient de remarquer que les conditions de ces prises d'essais ne sont pas tout à fait comparables. Celles qui furent prélevées à l'occasion des essais du charbon de Béthune donnent la composition des gaz en un point très particulier, celui où la flamme très lente est sur le point de s'éteindre. On remarquera enfin, dans deux essais sur trois, la teneur nulle en oxyde de carbone, corrélative de l'inachèvement de la combustion. Les résidus dans la galerie après le tir se sont presque toujours composés de poussières plus ou moins altérées, mais non cokéfiées. On n'a que très rarement vu des grains de coke vers 25 à 30 mètres de l'origine, après l'essai 185, et sur les 30 premiers mètres, dans les essais 188 et 194. 6° Poussières fines et pures à 11 p. 100 de matières volatiles. C'est le dernier terme de l'échelle adoptée. On s'est servi de charbon provenant des mines de Lens dont deux échantillons ont montré la composition suivante :

1° Analyse immédiate :

Matières volatiles (humidité comprise). Cendres Humidité Matières volatiles (cendres déduites). ..

10,90 4,18 1,03 11,40

2° Analyse élémentaire :

Carbone Hydrogène Cendres Oxygène et azote

82,93 2,87 8,60 5,60

ET SUR LES MOYENS DE COMBATTRE LEURS DANGERS

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Ce charbon est beaucoup plus dur à broyer que celui de Liévin. En le soumettant aux mêmes causes de broyage que ce dernier, de façon à avoir des essais pratiquement comparables, le refus au tamis n° 200 est encore, après une heure de pulvérisation, de 27,5 au lieu de 1,5 p. 100. D'autres essais ont été faits dans le but de se rendre compte si des causes de pulvérisation plus actives ne risqueraient pas de rendre ces poussières dangereuses, et la durée de passage au pulvérisateur, Alsing a été poussée jusqu'àdeux heures ou deux heures et demie; après cette opération, le refus au tamis n° 200 est tombé à 5 p. 100 ou 1 p. 100 suivant les échantillons. Les essais avec dynamite seule ont été faits avec les poussières relativement grossières et avec les poussières fines; dans ce dernier cas, la charge de dynamite a été portée à 240 grammes, afin d'accroître encore les chances d'inflammation. Pour les essais avec dynamite et grisou, on a employé les poussières fines seulement. Les essais, avec poussières relativement grossières ayant subi le même broyage que les poussières fines de Liévin, ont invariablement donné lieu à des ratés d'inflammation, quelle que soit la quantité de poussières déposée sur le sol de la galerie. La flamme n'est jamais apparue qu'aux deux, trois ou quatre premières fenêtres. En accroissant la charge de dynamite et la finesse de la poussière, on a eu, dans trois cas, des allongements peu sensibles de la flamme de l'explosif. Dans les trois autres cas, on a vu la flamme s'avancer rapidement jusque vers la quatrième ou cinquième fenêtre, soit à environ 6 mètres de l'origine, puis traîner, très lente, jusque vers 16 ou 22 mètres de l'origine où elle s'est éteinte.