Annales des Mines (1906, série 10, volume 9) [Image 75]

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PRINCIPES DES METHODES

D'ANALYSE MINERALE

calorimétrique et d'indiquer les raisons expérimentales nous paraissant militer en faveur de la seconde. Dans ces conditions, le chapitre m sera consacré à l'étude des principes en jeu dans les réactions réversibles d'après la méthode calorimétrique; le chapitre iv, à l'exposé de la théorie électrolytique de ces réactions, et, le chapitre v, à la comparaison des deux méthodes. Dans le chapitre vi, nous établirons la théorie des procédés généraux permettant de rendre les précipités aussi complets que possible dans les doubles décompositions salines, et inversement de mettre en solution des précipités insolubles dans l'eau. Enfin, dans le chapitre vu et dernier, nous ferons l'application des principes établis dans les chapitres précédents à quelques méthodes particulières fondées sur les doubles décompositions salines. Dans cette étude, nous supprimerons tout développement sur l'établissement des lois chimiques de l'énergie déduites des principes de la Thermodynamique, en renvoyant aux ouvrages ou mémoires spéciaux publiés sur ce sujet, et nous nous contenterons d'en faire l'application aux réactions employées en analyse minérale.

CHAPITRE I. INFLUENCE DE L'ÉTAT PHYSIQUE DES PRÉCIPITÉS SUR LEUR PURIFICATION PAR LAVAGE.

1.

LAVAGE

DES

PRÉCIPITÉS.

L'opération la plus fréquente en analyse minérale consiste à produire dans un liquide homogène un précipité insoluble, contenant sous forme de composé défini l'un

FONDEES

SUR LES

REACTIONS CHIMIQUES

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des éléments à doser, et à le séparer de l'eau-mère par filtration à travers une paroi poreuse dont les pores soient assez grands pour laisser passer le liquide et assez petits pour retenir toutes les particules solides. Comme corps filtrants, on emploie, en analyse minérale, le papier Berzélius ou l'amiante, en diminuant parfois la grandeur des pores par divers artifices (tels que le colmatage par une substance gélatineuse, représentant une matière à pores encore plus étroits que le filtre) et en accélérant au besoin l'écoulement du liquide par l'élévation de température qui diminue la viscosité, et par une dépression sous le corps filtrant, ce qui accélère sa vitesse. La simple filtration du mélange d'un solide et d'un liquide ne peut donner une séparation exacte parce que le solide reste mouillé par le liquide et' en retient ainsi une certaine quantité par suite de la viscosité du liquide et de l'attraction (capillarité) du solide et du liquide. On peut admettre d'une façon approximative que la quantité du liquide ainsi retenu par mouillage est proportionnelle k la surface totale des grains, et il est alors facile de calculer que, pour un même poids de corps solide, cette quantité est directement proportionnelle à la finesse du grain : c'est ce qui explique que, pour les corps gélatineux qui représentent le maximum de finesse des précipités (grains invisibles au microscope sous les plus forts grossissements), le liquide de mouillage soit continu. La séparation du liquide et du solide formant le mélange hétérogène initial ne peut donc être complète qu'il la condition de déplacer le liquide primitif par un autre liquide dans lequel les particules solides soient insolubles, tandis que le liquide primitif y soit soluble : c'est à quoi l'on arrive par l'opération du lavage. Le liquide servant au lavage doit être facile à expulser ultérieurement par simple évaporation; celle-ci doit être laite en général à une température supérieure au point