Annales des Mines (1898, série 9, volume 14) [Image 265]

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LA GRÈVE DES OUVRIERS MINEURS

DU PAYS DE GALLES EN 1898

dans la mine quelques ouvriers qui travaillaient dans les conditions affichées par les patrons ; enfin, dans nombre

(conseiller municipal), qui, pendant toute la grève, s'était distingué par ses attaques contre le Gouvernement. L'envoi

d'exploitations, on dut se borner à entretenir les voies principales. Chacun fit comme il put, avec ses propres moyens, et la conséquence fut, comme toujours, que les mines munies d'un personnel dévoué se trouvèrent dans une situation favorable et purent être reprises le lendemain du jour de la cessation de la grève, tandis que celles

où le personnel fut moins dévoué et moins habile,

ne

purent être remises en exploitation que quelques semaines après. On cite même des quartiers qui n'ont pu être repris.

Les jours qui suivirent l'échec de l'arbitrage de Sir Edward Fry furent signalés, après l'excitation momentanée que produisirent les nouvelles propositions des patrons, par un découragement croissant. Les moyens sur lesquels les ouvriers avaient le plus compté se montraient sans effet. Les procédés extrêmes, les tentatives pour débaucher les mécaniciens, avaient échoué. La violence, il n'en fallait pas parler. On en avait cependant essayé : au commencement de juin, des troubles très sérieux s'étaient produits. Cela avait commencé par des processions silencieuses

de plusieurs centaines d'hommes autour des quelques rares mines associées où l'on travaillait. Peu à peu on avait jeté des pierres à la police et cassé des carreaux. La

réponse ne s'était pas fait attendre

sollicité par le

Conseil du Comté, chargé, en pareil cas, de la police et aussi de payer les vitres cassées (*), le président du Local Government Board avait fait envoyer aux points. menacés

de la cavalerie, et, entre temps, on avait arrêté et condamné à trois mois d'emprisonnement, avec liard labour, l'un des rares violents, M. D. Morgan, alderman,

(*) Un journal évalue à 800 livres (20.000 francs) les dégats causés à la propriété par les grévistes.

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des troupes produisit un effet considérable. Ostensiblement,

les grévistes firent du retrait des troupes une question d'amour-propre ; au fond, on ne sait ce qui aurait pu arriver si on ne leur avait rappelé d'une manière tangible que l'on

n'entendait pas les laisser sortir de la légalité. Au reste, les troupes furent vite retirées. Mais ç'avait été suffisant pour mettre fin aux tentatives violentes. Il ne restait donc plus que la résistance à outrance. Le découragement commençait à gagner non seulement les ouvriers, mais aussi les patrons. Le 6 août, M. Markham, l'un des directeurs de l'importante entreprise « Tredegar Trou and Coal » (qui faisait jusqu'alors partie de l'Association), recevait une délégation de ses ouvriers. Il s'agissait de 3.500 mineurs, nombre non négligeable. M. Markham se montrait disposé à négocier avec les délégués sur les bases d'une échelle mobile et d'un minimum. Un meeting fut convoqué immédiatement parini les ouvriers de cette Compagnie ; l'objet capital de la discussion fut le taux du minimum à demander, les uns proposant une livre par semaine, les autres 15 schellings seulement. Finalement, on décida de proposer un minimum basé sur le taux de 17 1/2 p. 100 au-dessus du salaire type. La direction ayant, à la suite du meeting, proposé 10 p. 100, on ne put s'entendre, et la tentative échoua. Le Comité patronal publia, le jour même (9 août), une déclaration par laquelle il affirmait de nouveau l'union dé tous les membres associés. L'incident n'en avait pas moins produit une impression assez considérable ; il est possible

qu'il ait eu pour effet de prolonger un peu la grève et aussi de déterminer les patrons à introduire dans leurs propositions de la fin d'août une apparence de satisfaction. en ce qui concerne le minimum.

Du côté des ouvriers, le découragement était de plus