Annales des Mines (1894, série 9, volume 5) [Image 294]

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ÉTUDES SUR LE BASSIN HOUILLER DU NORD

sion conforme au croquis schématique que M. Gosselet en a donné et qui est devenu classique; à mesure qu'on s'éloigne vers le nord, à mesure par conséquent qu'on

se rapproche du bord de la nappe de recouvrement, la série des termes renversés se complète, prend plus d'épaisseur, s'étend même jusqu'au houiller inférieur, et les apparences deviennent celles d'un simple renversement, même, par places, sans /aille visible. C'est cette remarque, extraordinairement importante pour l'histoire et pour l'explication des phénomènes de recouvrement, qui me permettra de montrer tout le long du bassin l'accord des faits observés avec l'hypothèse que je développe (*).

Du bassin de Charleroi jusqu'à l'ouest du bassin de Mons, la coupe reste conforme à celle qu'on est convenu d'appeler la coupe normale, c'est-à-dire que la faille du Midi a été uniformément dénudée, sans laisser de lambeaux avancés, détachés ou non, subsister au-dessus de la cuvette houillère. Mais au couchant de Mons, dans le bassin de Donc, on retrouve des accidents comparables à celui de Land elies et de Fontaine-l'Évêque ; ils sont connus depuis longtemps sous le nom d'accident et faille de Bous su.

La signification de la faille de Boussu a été bien mise en lumière par M. Gosselet (L' Ardenne , p. 743-746), qui l'a assimilée à sa faille limite, c'est-à-dire en conservant la forme donnée plus haut à l'explication de ces phéno(*) La coupe de Fontaine-l'Évèque est loin d'être unique en son genre; il y a longtemps que j'ai signalé en Provence, près de Barjols, un exemple semblable, et j'avais, dès cette époque, indiqué comme conséquence que le déroulement et l'allongement

du pli laissent subsister, saut dénudation postérieure, la charnière anticlinale intacte. M. Haug a bien voulu m'indiquer qu'il a, avec M. Kilian, trouvé plusieurs cas du même phénomène dans l'Ubaye.

ET SUR LE BOULONNAIS.

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mènes, à une des surfaces le long desquelles s'est effectué le glissement des masses charriées vers le nord. Comme Landelies, l'affleurement de cette faille entoure un grand paquet de couches renversées et superposées au terrain houiller ; ces couches, affaissées depuis le charriage, for-

ment maintenant une cuvette, au centre de laquelle le silurien repose sur le dévonien et celui-ci sur le carbonifère (fig. 1). En un point même, les travaux souterrains ont atteint, à la base du paquet, au-dessous du calcaire

carbonifère, le poudingue de base du houiller, déjà presque redressé verticalement. Le relèvement du calcaire dévonien vers le nord a été également constaté ; les autres détails de la coupe sont une conséquence évidente de ces faits, mais n'ont pas été directement observés. Les couches de houille sont exploitées au sud ; elles sont connues au nord près de la frontière par des sondages qui les ont montrées plongeant sous le paquet ; elles forment donc un fond de bateau, où ont été précisément conservées les couches les plus récentes du bassin belge. La limite sud du paquet est exactement délimitée entre les concessions de Boussu et de Belle-Yue ; elle se dirige

vers Quiévrechain, où les travaux de la compagnie de Crespin l'ont retrouvée , mais au-dessous du dévonien inférieur (grande faille du Midi); le tracé entre ces deux points ne peut présenter que peu d'incertitude. Au nord, le paquet ne peut s'avancer très loin au delà des points où il a été reconnu, car le sondage d'Hastaings, à moins de 2 kilomètres, est tombé directement sur les terrains houillers au-dessus des morts-terrains. A la frontière, les sondages de Crespin et d'Hensies en France, ceux de Quiévrain en Belgique, fixent assez étroitement la place de son passage. On sait de plus par les travaux de mines que le paquet ne s'étend pas plus à l'est ; son extension peut donc être considérée comme bien connue jusqu'à la