Annales des Mines (1892, série 9, volume 1) [Image 290]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

574

DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS DE GRISOU

AUX MINES DE DESSÉGES.

A 1 heure de l'après-midi, le grisou marquait encore

légèrement à l'entrée de la descente, à 98 mètres

du

chantier ; à 2 heures, le maître-mineur put aller au front de taille, où il n'y avait plus qu'un léger indice de grisou. Il passait 434 litres d'air au chantier même sortant des tuyaux.

On reconnut au chantier que trois bois avaient été renversés et 4 mètres de descente remblayés par 4 waLa gons de charbon et 13 de schiste noir charbonneux. couche était, en effet, très. dérangée en ce point. Lors de ce dégagement, comme lors du précédent, aule maîtrecune trace de grisou n'avait été constatée par mineur une heure auparavant. Couche Saint-Denis. Galerie Dégagement n° 20. avancement nord au neuvième étage. Depuis le dégagement du 22 novembre 1890 jusqu'au 13 novembre 1891, on avait pu travailler dans la couche Saint-Denis soit en taille, soit à l'avancement sud de la galerie du neuvième étage menée en grande largeur, avec alerte une production de 4.416 tonnes, sans avoir aucune au point de vue des dégagements instantanés. Dans le but de créer un retour d'air indépendant de la taille comprise entre les huitième et neuvième étage, pour l'aérage des descentes à. entreprendre au-dessous des dégadu neuvième, dans lesquelles on a à craindre

gements instantanés, on avait commencé à allonger l'avancement nord de la galerie du neuvième étage dans

la couche (fig. 4). Le chantier était aéré par une colonne de tuyaux placée sur la porte K, ce qui suffisait pour

chasser le grisou, le gros du courant passant d'ailleurs

par l'avancement sud et dans la taille. Le 13 novembre 1891, à 9 heures du matin, le maîtremineur ne constata aucune trace de grisou au chantier; les mineurs trouvaient le charbon un peu plus dur que d'habitude. Une demi-heure après ils entendent un siffle-

575

ment prolongé, accompagné d'un pétillement du charbon,

puis les bois craquent et ils se retirent sur la plaque devant la porte K. Au bout de 2 ou 3 minutes, ils entendent un bruit sourd, ressentent un coup de vent assez violent pour ouvrir la porte K, et constatent une abondante projection de charbon, dont les poussières viennent jusqu'à eux, soit à 17 mètres. Une masse énorme de grisou s'échappe et s'engage naturellement dans la taille largement ouverte, puis dans la bacnure du huitième étage. Tandis que les ouvriers du chantier avaient conservé leurs lampes allumées, les dix lampes des ouvriers de la taille et de la bacnure du huitième, sauf celle

d'un boiseur placé en B, furent éteintes. A 1 heure de l'après-midi le grisou avait disparu de partout, 'sauf au chantier même; il passait dans la couche 2m3,250 d'air par seconde.

On constate au chantier que le wagon qui se trouvait

à 1111,50 de l'avancement a été repoussé à 4 mètres en-

viron, qu'il a déraillé et a été complètement rempli de

charbon ; la galerie elle-même est bouchée par le charbon sur 5 mètres ; les tuyaux, en partie démanchés, sont éga-

lement remplis de charbon. Quatre Cadres avaient été renversés et en partie brisés. On reconnut, en déblayant, que le dégagement était venu entièrement de l'angle supérieur gauche de la galerie où passe un dérangement, que l'on a constaté également dans la taille, et suivant lequel il s'était formé une véritable poche. Le déblayage complet a produit

53 tonnes de charbon; mais on a laissé du charbon ébranlé sur le parement de gauche. En dehors des ouvriers du chantier même, seuls ceux de l'avancement sud. au même niveau prétendent avoir

entendu un bruit sourd, pareil à un coup de mine, et

affirment avoir vu un mouvement dans le charbon de leur chantier.