Annales des Mines (1892, série 9, volume 1) [Image 289]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

572

DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS DE GRISOU

AUX MINES DE BESSEGES.

semblable à un coup de tonnerre sourd. Le coup de vent le renverse à 8 ou 10 mètres du front de taille, sa lampe

conséquent il y a eu 863 82 781' de grisou pen-

est éteinte et il sent quelques grains de charbon sur le dos. Il se retire dans l'obscurité et crie à ses hommes de ne pas descendre ; l'un d'eux, qui se trouve à 30 mè-

la teneur en grisou du mélange sortant de la galerie a

tres, a également sa lampe éteinte, ainsi qu'un troisième, au sommet de la descente, à 81 mètres du front de taille.

Les ouvriers se retirent éclairés par un quatrième, qui se trouvait dans la bacnure. On ne put revenir au chantier que le lendemain soir, le grisou marquant même à ce moment-là. On constata que deux des trois colonnes de tuyaux avaient été remblayées par le charbon qui s'étendait jusqu'à 4 mètres en avant de l'ancien front de taille ; les colonnes ayant été dégagées, le grisou ne marquait plus le surlendemain matin. Le charbon formait un talus presque horizontal (fig. 3) et était assez poussiéreux à la surface, mais non à l'état

de suie. On a chargé 21 wagons de charbon et 3 de schistes noirs, sur une longueur de descente de 7'11,50; le charbon projeté provenait non seulement du front de taille, mais encore du foisonnement des parois. La couche était dérangée et le charbon, d'ailleurs assez dur, était entremêlé de schiste. On peut chercher à se rendre compte de la quantité de grisou dégagée. Dans les premiers moments, il a fallu 2 ou 3 minutes

au grisou pour envahir 863 mètres cubes de galeries. D'autre part, les trois colonnes de tuyaux donnant 590 litres au chantier, une seule restée ouverte donnait 590 3

197 litres, auxquels il faut ajouter les pertes des

trois colonnes, soit 358 litres, soit en tout 555 ou 550 litres. Pendant les 2 minutes et demie d'envahissement, il se sera écoulé 0,550>< 150 =-- 821113,300 d'air, et par

573

dant les 150 premières secondes. Le dégagement a continué en diminuant d'intensité;

certainement été très forte de 9 heures du matin à 4 heures du soir ; en effet, à ce moment, le maître-mineur Pontet

constata que la bacnure du huitième étage était encore pleine de grisou jusqu'à 130 mètres de la descente. On peut certainement admettre que la teneur moyenne du mélange a été de 20 p. 100 pendant 12 heures ; en admettant que le volume total passant par seconde fût celui

sortant des tuyaux d'aérage, c'est-à-dire 550 litres, comme nous l'avons dit plus haut, la quantité de grisou dégagée en 12 heures aurait été de 0,550 X 0,20 X 43.200 ------ 4.752 ou 'environ 5.000-3.

Il est certainement difficile de savoir quel est le volume de charbon qui a dégagé cette quantité de grisou; en admettant qu'en dehors du charbon projeté, c'est-à-dire 24 wagons, ce qui correspond à 1511'3,600 de charbon en place, un volume égal non projeté ait participé au dégagement, on obtient une quantité de 4.750 = 152 mètres cubes de 31,2 grisou par mètre cube de charbon. Dégagement n° 19. Couche Saint-Denis. Descente du huitième au neuvième étage.

Le '22 novembre, c'est-à-dire 12 jours après le dégagement précédent, un nouveau dégagement se produisit dans le même chantier, à 17 mètres plus loin. Le mineur occupé à charger un panier entendit, vers 10 heures du matin, un crépitement et eut sa lampe éteinte ; celle du manoeuvre étant restée allumée, tous deux se sauvèrent. Quand ils furent à 7 ou 8 mètres du chantier, ils sentirent un grand coup de vent et la lampe du manoeuvre s'éteignit. Des bois avaient été renversés ét du charbon projeté Tome I, 1892.

38