Annales des Mines (1889, série 8, volume 16) [Image 242]

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L'INDUSTRIE DU CUIVRE

DANS LA RÉGION D'HUELVA.

destinés, à une époque où la boussole était inconnue, à fournir des jalons et des points de repère à la surface.

également employés avant la conquête par les indigènes

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Tout le travail était exécuté à la pointerolle, et l'on voit encore sur les parements les traces des outils. Quant

à la sortie des matières abattues, et, jusqu'à un certain point, de l'eau; elle se faisait de main en main, dans des paniers, jusqu'à une issue. Quand la veine s'élargissait, l'excavation d'une seule portée l'embrassait toute. Il y a, dans certaines mines anciennes, des vides d'une dimension et d'une hauteur extraordinaires. La plus grande difficulté qu'on avait à vaincre, était l'épuisement de l'eau, difficulté pour les anciens presque insurmontable. Tant qu'il y avait possibilité par une galerie d'écoulement, si longue qu'elle fût, de gagner une vallée voisine, ils n'hésitaient pas à la percer. Ces galeries sont encore souvent visibles aujourd'hui. A Lagunazo, on a même pu en remettre une en état pour l'usage actuel de la mine. Au-dessous de ce niveau, ils employaient une succession de roues placées à la file les unes au-dessus des autres dans une série de chambres,

comme le montre le croquis Pl.

X,

fig.

4, relevé

à San-Domingos. Dans toutes les mines .de la province d'Huelva on a retrouvé de ces roues, dont le bois injecté de sulfate de cuivre et souvent couvert d'une cristallisation bleue, était très bien conservé. Le minerai extrait, il fallait en retirer le cuivre et l'argent. D'après Carranza, qui vit Rio-Tinto en 1620, à un moment où il était abandonné depuis dix siècles, on apercevait alors de nombreuses ruines de fours pouvant contenir de 400 à 500 quintaux de minerai et provenant des Romains. Quelques-uns de ces fours ont été retrouvés à Tharsis, à Carthagène, à Arles en Roussillon. Ils étaient

assez analogues aux bas foyers catalans et aux fours

du Pérou.

Ils étaient munis d'un trou pour l'introduction de qu'on voit déjà les soufflets de cuir, analogues à ceux représentés dans les peintures égyptiennes, devaient être manoeuvrés à bras, car on ne remarque pas qu'on ait jamais recherché le voisinage des cours d'eau, c'est-à-dire la force motrice. Enfin, les petites dimensions de ces fourneaux forçaient à en multiplier le nombre, ce qui explique la grande dispersion des scories. Le combustible employé

était le charbon de bois. L'usage des fondants paraît avoir été connu des anciens ; dans l'île grecque de Thasos, nous avons eu l'occasion de constater sur des scories de cuivre traitées par les Athéniens que de la chaux avait

été ajoutée au minerai qui n'en contenait pas ; à RioTinto, on semble avoir utilisé certaines roches très siliceuses du toit du filon, appelées pizarras. Puis le cuivre noir était fondu avec du plomb pour en extraire ensuite l'argent, suivant un procédé que Diodore de Sicile affirme avoir été connu des Égyptiens (*), et qu'en tout cas Pline l'Ancien décrit en détail (**). La présence à Rio-Tinto de gre-

nailles de plomb et de tronçons de coupelles imbibées de

litharge au milieu des scories en sont la preuve. Le résultat de cette fusion avec le plomb devait être un métal blanc dit métal blanquillo, qu'on retrouve souvent dans les scories et dont voici l'analyse, d'après D. Ramon Rue Figuera 0,100

Silice. Carbone Cuivre

2,794 51,837

Fer

A reporter

54,711

(*) Diodore de Sicile, livre III, chapitre xiv. (**) Pline l'Ancien, livre XXXIII, chapitre \TL