Annales des Mines (1889, série 8, volume 15) [Image 332]

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L'ÉCOLE DES MINES DE PARIS.

NOTICE HISTORIQUE.

les professeurs, et enfin les voyages d'instruction ont lieu

tion courante de l'École était confiée, sous l'autorité du ministre des travaux publics, à un directeur (*) et à un inspecteur des études ; celui-ci restait le conservateur du musée annexé à l'École. Faisant un pas de plus dans

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l'été, pendant et après la période suivant les examens par lesquels se terminent annuellement les cours. Ce régime, dont une pratique constamment améliorée avait permis de tirer tous les fruits, avait donné de trop bons résultats pour qu'il y fût rien changé. Toutefois le décret (article 30) supprima le voyage, ou plutôt la promenade, qu'on avait pris l'habitude, depuis 1848, de faire faire aux élèves de première année (*). Il faut signaler dans le décret de 1856, la disposition nouvelle formant l'article 16 en vertu de laquelle « les

ingénieurs qui, par la spécialité de leurs travaux, ont acquis des connaissances exceptionnelles sur quelques parties de la science de l'ingénieur » peuvent être appe-

lés à donner des conférences sur les sujets dont ils se

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un système qui concordait, du reste, avec les idées de gouvernement personnel du régime impérial, le décret de 1856 a visiblement augmenté les attributions du direc-

teur et diminué d'autant celles jadis dévolues au conseil. Le conseil, qui, en dehors du personnel de l'École directeur, inspecteur et professeurs de l'enseignement spécial, ne comprenait que deux inspecteurs généraux désignés par le ministre, n'avait plus désormais à délibérer sur le budget (**) annuel; aux termes de l'article 6, 3, en dehors des rares questions sur lesquelles le conseil doit nécessairement délibérer ('), la direction ne doit

sont ainsi occupés (**).

Suivant l'organisation inaugurée en 1848, l'administracourtois choisissait les localités de telle sorte que, dans le cours de la scolarité de trois ans, chaque élève eût pu visiter les pays respectivement classiques pour l'étude des terrains stratifiés, des roches éruptives anciennes et des roches éruptives modernes. (*) Avant de faire, rendre le décret de 1856, l'administration supérieure, en novembre 1855, avait demandé au conseil s'il était utile de faire ainsi voyager des élèves de première année ne sachant encore rien; le conseil avait répondu affirmativement, trouvant que ce voyage était de nature à dégrossir les élèves au point de vue de la pratique. Ce système d'excursions, nécessairement très courtes, à la suite

de la période d'exercices pratiques sur place de la première

année, a été repris en suite d'une décision ministérielle du 12 mai 1866, rendue sur l'avis conforme du conseil. Ce voyage de première

année doit consister en un séjour de trois semaines dans un district minier ou métallurgique français, de préférence le plus voisin de la résidence de l'élève. ("*) Les applications qui ont été faites de cette disposition sont les suivantes De 1861 à 1866, M. Moissenet, alors charge des leçons de chimie générale aux élèves des cours préparatoires, décrivit la préparation mécanique des minerais d'étain, de ,cuivre et de plomb

en Angleterre, particulièrement dans le pays de Galles et le Cornouailles;

En 1866, M. Cornu, qui venait d'achever ses études à l'Ecole, fit des conférences sur la constitution des molécules cristallines des minéraux ;

A partir de 1873 et jusqu'à la création en 1879 du nouveau cours qui lui fut confié, M. Fuchs a fait chaque année quelques conférences pour décrire des gîtes minéraux visités par lui, tels que les gîtes calaminaires de Belgique et de Sardaigne, ceux de phosphate de chaux, les gîtes du district de Carthagène (Espagne) et d'Atacama (Chili).

En outre, ce fut par application de cette disposition que M. Zeiller commença, en 1878, ses leçons de paléontologie végé-

tale, et M. Potier, en 1882, celles sur les applications de l'électricité, entrées les unes et les autres depuis dans l'enseignement normal.

(*) Suivant l'article 6 du décret du 15 septembre 4856, la direction devait être confiée à un inspecteur général des mines de Ir° classe; un décret du 30 mars 1884 permet à l'administration de désigner un inspecteur général de 2c classe. (**) Dans le projet de décret préparé par le conseil en 18511852, celui-ci avait proposé de maintenir au conseil la délibération du budget. (***) Le conseil est essentiellement une autorité purement consultative qui n'émet que des avis. Toutefois, aux termes de l'ar-