Annales des Mines (1886, série 8, volume 10) [Image 225]

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DU CENTRE DE .LA FRANCE.

GISEMENTS DE MINERAI DE FER

lius d'Halloy paraît, le premier, avoir attribué certains dépôts d'argiles et de sables à des émissions internes. Cette idée était hardie ; elle put paraître audacieuse surtout à un moment où étaient en vogue les théories de l'école des causes actuelles, école qui ne veut admettre dans l'histoire du globe terrestre que la répétition des mômes causes, agissant toujours d'une manière identique, sans variation dans leur intensité. L'hypothèse soutenue par d'Omahus d'Halloy fut vive-

ment discutée, mais elle trouva néanmoins un grand nombre d'adhérents. Il y a quelques années seulement, M. Douvillé (*) a mon-

tré que les sables granitiques des environs de Vernon ne devaient pas être rattachés à la série sédimentaire, mais qu'ils étaient d'origine éruptive, des dépdts d'épanchements boueux. Plus récemment , cette question a été remise en discussion par un géologue belge, M. Van den Broeck, qui a étudié d'une manière spéciale les phénomènes d'altération superficielle produits par l'infiltration des eaux météoriques, et a publié sur cette question un intéressant ouvrage (**). Il a voulu faire l'application de ses conclusions à l'étude de l'origine des terrains dont nous nous occupons. M. Van den Broeck regarde l'argile à silex comme le résidu de l'action dissolvante exercée sur la craie par les eaux météoriques chargées d'acide carbonique. Les dépôts sidérolithiques sont également pour lui le résultat de l'infiltration d'eaux superficielles dans les roches calcaires; elles ont, par dissolution et oxydation, éliminé l'élément calcaire et laisse un résidu argilo-ferrugineux dans lequel l'oxyde de fer s'est concrétionné par un transport moléculaire. (*) Bull. Soc. géol., 3' série, VI. Cl Mémoire sur les phénomènes d'altération des dépôts superficiels; Bruxelles, 4881.

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« Les argiles ferrugineuses ou plastiques,... le fer hydraté, le minerai de fer en grains, sont très généralement les résidus d'altération, de dissolution, de concrétionnement et de métamorphisme hydro-chimique de dépôts

soumis à des phénomènes accentués d'altération sur place. » M. Van den Broeck explique d'ailleurs les phénomènes

d'alignements que présentent les gisements de minerai de fer en grains par l'existence de cassures préexistantes qui ont facilité et localisé l'action des eaux d'infiltration.

Il est certain que cette théorie peut paraître séduisante, surtout pour les actualistes de l'école dont nous parlions

tout à l'heure ; elle rend compte de certaines circonstances des gisements, d'une manière aussi satisfaisante

que la théorie des sources minérales, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque l'une et l'autre mettent en jeu des actions dissolvantes et chimiques qui peuvent évidemment aboutir au même résultat. Par contre, la théorie des altérations superficielles rend difficilement compte de certaines autres particularités des gisements ou paraît même incompatible avec elles, tandis qu' elles trouvent une explication facile dans l'hypothèse d'une origine interne. .Nous ne parlons pas, bien entendu, des argiles à silex ni des minerais de fer du Boulonnais, dont nous ne connaissons qu'imparfaitement les conditions de gisement ; nous n'examinerons la question qu'au point de vue de ce vaste dépôt sidérolithique qui forme une ceinture autour

du plateau central, à travers le Berry, le Poitou, l'Angoumois et le Périgord; nous voulons seulement parler aussi de cette argile à silex qui se trouve au-dessus du terrain crétacé de la bordure méridionale et occidentale du bassin de Paris dans la Puisaye, la Sologne, le Blaisois, la Touraine, le Perche, le Maine et l'Anjou.