Annales des Mines (1877, série 7, volume 11) [Image 17]

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BIOGRAPHIE.

4.

auspices de Pierre Leroux et de Jean Reynaud. Son travail sur les aérostats fut remarqué ; il se terminait Par la conclusion suivante : « Dans l'état actuel de la science, la création d'une navigation aérienne est subordonnée à la découverte d'un nouveau moteur beaucoup moins pesant que tous ceux qui sont connus aujourd'hui. Ce résultat paraît difficile à obtenir, mais il faut se garder de le considérer comme impossible. Combien les hommes n'ont-ils pas vu de pré-

tendues impossibilités entrer dans le domaine de la cc réalité ! »

Écrites il y a 47 ans, ces lignes sont encore absolument vraies.

M. Legrand n'oubliait pas son jeune collaborateur du conseil ; il l'appela plusieurs fois à Paris et lui confia la

rédaction d'exposés des motifs de lois à soumettre aux Chambres. On peut sourire à cette idée d'un ingénieur de 28 ans venant pour se distraire à Paris et trouvant de pareils travaux à préparer ; mais on peut affirmer que la confiance manifestée par M. Legrand était vivement sentie par Franqueville, et que jamais documents administratifs n'ont été rédigés avec plus de verve et de talent. Nomination au service ordinaire à Paris. -Deux décisions successives fixèrent la résidence de Franqueville à Paris : la première, du 51 juillet 1837, le chargeait de l'arsubstituer aux autres voies de communication partout où Pimportance du mouvement commercial permettra d'engager les capitaux qu'exige leur établissement. »

On ne saurait mieux dire aujourd'hui; les chemins de fer constituent un instrument puissant, mais un instrument d'un grand prix ; il est imprudent de l'acquérir lorsque l'on n'a rien à lui

donner à faire. En faisant connaître cet ouvrage au public français, les jeunes traducteurs donnaient eux-mêmes une preuve de discernement;

ils appréciaient l'importance des chemins de fer, et leur travail mettait les ingénieurs français au courant des expériences nombreuses faites par les ingénieurs anglais.

M. DE FRANQUEVILLE.

rondissement nord-est de Seine-et-Oise ; la seconde, du 17 mars 1838, lui confiait l'arrondissement est du département de la Seine. Au moment de son départ de Soissons, le conseil municipal prit la délibération suivante, inscrite sur ses .registres « Le conseil municipal de Soissons unit avec empressement sa voix à celle de la commission du budget, pour exprimer à M. l'ingénieur des ponts et cliauss.ées toute la reconnaissance des habitants ; la Tille conservera de son administration un précieux souvenir...» Nous n'avons trouvé aucun fait à signaler dans l'année passée dans les deux services que nous venons de désigner; la correspondance de Franqueville avec sa mère va nous faire désormais défaut ; mais on ne saurait douter que son service n'ait été irréprochable : il n'était pas homme à laisser une seule affaire ,en retard. Entrée au ministère des travaux publics. -M. Legrand cherchait évidemment l'occasion d'appeler auprès de lui un

ingénieur dont il appréciait la haute capacité ; un arrêté ministériel, du 23 octobre 1838, nomma Franqueville chef de la section de la navigation et des ports. Presqu'au même Mariage de M. de Franqueville.

moment, un grand événement se produisit dans sa vie. M. de Franqueville se mariait ; il épousait, le 15 décembre 1838, à l'église Notre-Dame de Versailles, Mue Cécile Belle

de Caux. Mme de Franqueville apportait à son mari une grande aisance ; c'était pour ce dernier presqu'un souci ; il lui faudrait, disait-il, redoubler d'efforts et de travail pour se montrer digne de la fortune. Une seule chose lui plaisait dans la richesse: il pourrait être, en cas de besoin, le Beautemps-Beaupré de ses neveux.

Une personne, à ce moment, recevait à bon droit les félicitations de tous les siens : c'était Mme de Franqueville

mère. La tâche si lourde qu'elle avait entreprise 26 ans auparavant était accomplie ; elle avait perdu un de ses