Annales des Mines (1875, série 7, volume 8) [Image 327]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

REVUE DE GÉOLOGIE. 65o Enfin l'assise inférieure est un boulder clay contenant une faible

proportion de roches étrangères. La première assise appartiendrait

au terrain glaciaire récent tandis que les deux autres feraient

partie du glaciaire ancien. La classification de M. Bir ds est d'accord avec celle qui a été donnée, pour les mêmes dépôts, par M. home (1); seulement,

pour ce dernier auteur, les deux assises de boulder clay ne

seraient que deux phases successives d'une même époque glaciaire, interrompue par des phases de retraite auxquelles correspondraient les lits de sable et de gravier. D'après M. GO od ch i Id (2), l'étude des phénoANGLETERRE. mènes glaciaires dans la vallée d'Éden et la partie occidentale du de

Yorkshire-Dale conduit à admettre l'existence d'une nappe glace continentale descendant des montagnes d'Écosse avec une puissance de 700 à 800 mètres au plus ; cette masse, chargée de pierres empruntées à toutes les roches de son bassin, aurait déposé, en fondant, à la fois le drift à cailloux anguleux des plateaux, le diluvium à blocaux, les eskers et les nombreux blocs erratiques de la région. CHESIL BANK.

M. P rest wi ch (3) a cherché à expliquer

l'origine de la plage de galets connue en Angleterre sous le nom de Chesil Bank et qui s'étend de Portland à Abbotsbury, sur une longueur de près de 20 kilomètres, avec une épaisseur variable entre 13 et 7 mètres. Les galets sont surtout des silex de la craie, avec quelques cailloux de grès rouge, de porphyre et de jaspe. Aucun d'eux n'est emprunté aux falaises voisines. On avait pensé d'abord que ces galets devaient provenir de la falaise située entre Lyme-Regis et Budleigh Salterton et qu'ils avaient été poussés vers l'est par l'action combinée du vent et des vagues. Cependant cette explication se heurtait à une difficulté sérieuse : c'est que les galets les plus gros se trouvaient à l'extrémité de la plage la plus éloignée de leur origine supposée. M. P r e st wich a découvert récemment, sur le Bill de Portland, un ancien rivage soulevé, s'élevant de 7 à 13 mètres au-dessus du niveau actuel de la plage et contenanttous les matériaux du ChesilBank, notamment des cailloux empruntés aux roches du Devonshire Transactions of the Edinburg geol. Soc.,

1874.

Geol. Society, 24 juin 18:4. Geol. Nay., 1875, 228. - Geol. Society, 10 juin 1874.

651

TERRAINS.

et du Cornouailles. On y trouve aussi 26 espèces de coquilles, dont deux n'arrivent plus aujourd'hui dans la Manche. Ce rivage soulevé, formé sans doute à l'époque glaciaire et sous des conditions topographiques différentes des conditions actuelles, peut s'observer en différents points des falaises entre Brighton et la côte des Cornouailles. C'est la destruction de ce dépôt, opérée surtout pendant les ouragans, qui aurait donné naissance au Chesil-Bank. M. P r es tw c h pense, du reste, que le galet de la côte anglaise

méridionale ne provient pas directement des falaises actuelles, mais qu'il dérive de la destruction des couches du gravier quaternaire et de celle des anciens rivages soulevés. LEKEN. M. Lefèvre (i) a observé, à Laeken, un limon stratifié et fossilifère appartenant à la couche connue, en Belgique, sous le nom d'ergeron, où il a recueilli les Succinea oblonga, lielix hispida. et Pupa muscorum. Ce dépôt était recouvert par une forte épaisseur de limon ordinaire ou terre à briques. ARTOIS, FLANDRE.

M. Potier

(2)

a signalé les terrasses de

sables et de cailloux roulés qui bordent les vallées de la Canche et de l'Authie, à une altitude de ho mètres, sans qu'on en retrouve de traces à un niveau inférieur. Il rapproche de ces dépôts les gra-

viers à peine roulés du camp d'Ilelfaut, près de Saint-Omer, et établit que ces dépôts, où l'on ne trouve jamais de restes de mammifères, ont dû se former avant que le fossé qui sépare les collines de l'Artois de celles de Cassel et de Mons-en-Pévèle, fût creusé à sa profondeur actuelle. On est obligé d'admettre qu'à cette époque

la hauteur du continent différait sensiblement de ce qu'elle est aujourd'hui. LA CELLE. M. Ch ouqu et a fait faire des fouilles à La Celle, près moret, dans un tuf calcaire, quaternaire, superposé au travertin de Château-Landon. Les empreintes végétales de ce tuf, étudiées par M. de Sa p or ta (3), attestent la présence du figuier, de l'arbre de Judée, du saule-cendré, du buis, etc. Cette association indique qu'a l'époque quaternaire les différences entre le Nord et le Midi étaient beaucoup moins tranchées qu'aujourd'hui, le Midi étant plus humide et le Nord moins froid. De plus, la comparaison de la flore de La Celle avec celles de Canstadt en Wurtemberg et des en-

Ann. Soc. malacologique de Belgique, X,

Association, françai.. Lille, 1874, 376. Bull. Soc. géol. [3], II, 489.

1875.