Annales des Mines (1875, série 7, volume 8) [Image 25]

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TRAITEMENT DES MINERAIS D'OR ET D'ARGENT

A L'USINE DE BLACK D AWK COLORADO.

on, vers la fin de l'opératien, une série d'essais à intervalles

cuves, tant que les eaux qui s'en écoulent donnent, avec en moyenne, huit le sel marin, la réaction de l'argent,

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rapprochés, en mettant un peu de la matière dans un verre d'eau : le sulfate de cuivre donne une coloration -

bleue. On défourne lorsque cette coloration devient trèspâle, sans attendre qu'elle ait disparu entièrement; autrement on risquerait de dépasser la température à laquelle le sulfate d'argent se décompose. Avant d'introduire dans le four une nouvelle charge, on le laisse refroidir quelque temps ; on passe deux charges par jour, et l'on ne travaille pas la nuit. IV. - LESSIVAGE ET PRÉCIPITATION DE L'ARGENT.

Le lessivage de la matte grillée se fait dans des cuves en bois de chêne (fig. 8, Pl. II), munies d'un faux fond percé de trous, recouvert d'une toile qui retient les matières. On remplit complètement une cuve de matte grillée, et l'on y fait arriver un courant continu d'eau bouillante (à 95°, vu l'altitude de Black Hawk), en réglant l'ouverture

du robinet inférieur de manière que la cuve soit toujours pleine d'eau. La dissolution du sulfate d'argent qui sort des cuves s'écoule dans des bassins de précipitation remplis de feuilles minces de cuivre. Ces bassins sont en bois, ils ont o,6o sur om,5o, et sont profonds de om,6o chacun d'eux présente, paraît-il, une surface de 100.000 pouces carrés (62 mètres carrés) de cuivre. L'eau circule dans un premier groupe de dix bassins au même niveau, en passant successivement de l'un dans l'autre par-dessus les parois, puis dans un second groupe semblable, un peu en contre-bas. Elle ne renferme plus alors trace d'argent, et on la fait écouler dans un troisième groupe de bassins semblables, mais remplis de ferraille, où le cuivre se précipite. On rejette les eaux contenant du sulfate de fer qui s'échappent de ces derniers bassins. On continue le lessivage des matières placées dans les

heures.

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Toutes les semaines, on recueille l'argent déposé

sur les feuilles de cuivre : cet argent renferme un peu de cuivre; pour le purifier, on le place dans une cuve (fig. 17, Pl. H) contenant de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique. Un tuyau qui débouche au fond amène de la vapeur d'eau mélangée d'air, aspiré à travers l'intervalle de deux emmanchements coniques. Le liquide s'échauffe et le mélange est brassé sous l'influence de ce courant; air et l'acide sulfurique transforment le cuivre en sulfate qui se dissout. On purifie en une fois, dans cette cuve, Sono ozs. (95 kilog.) d'argent en trois heures. L'argent ainsi purifié est séché sur la voûte d'un carneau parcouru par des gaz chauds, puis fondu au creuset. On fait usage de grands creusets de plombagine, chauffés au coke dans un four à vent, donnant chacun un lingot du poids de 1.100 ozs. (541,215). Le métal de ces lingots est très-pur; le titre est de 994 à 996. Un même creuset peut servir à plusieurs opérations, quelquefois à dix. Quand les creusets sont hors de service, on les broie et les traite comme minerais d'argent. Quant au cuivre de cément déposé sur la ferraille, on le

fond dans un petit réverbère, où on le soumet à l'opération ordinaire de l'affinage et du. raffinage. On opère sur une tonne à la fois, et l'on coule le cuivre obtenu en plaques minces, qu'on emploie de nouveau. V. - FONTE POUR WHITE ilIETAL.

Les résidus du lessivage des mattes grillées sont de l'oxyde

de cuivre et du sesquioxyde de fer, renfermant l'or des minerais, une proportion encore notable de l'argent (5 p. ioo