Journal des Mines (1796-97, volume 6) [Image 165]

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Madeleine. On ne peut pas présumer quç la Loire et l'Allier aient eu part à cette disposition ; ce sont des agens bien plus puissans qui les ont rongées

Boen jusqu'à Saint-Polgue , et dans l'entrée de fa

et décharnées, tant sur leurs bases que sur les cimes;

caires et moitié argileux

où l'on voit Une prodigieuse quantité de débris

de rochers ; il a fallu de grandes vagues pour Opérer de si grands effets. Les cailloux que roule la Loire n'ont pas été jetés. loin de ses bords, Dans différentes fouilles qui se sont faites aux en-.

virons de Roanne, à une petite distance du lit de la Loire, on n'a trouvé aucun. sédiment vol, canique ( ).

On voit sur les hauteurs de ces montagnes le. vrai granit primitif, qui , en général , n'est coin-. posé que de trois substances en contact intime, le quartz , le mica , et le feldspath , qui est presque par-tout .à grands traits. Dans certains endroits il se montre assez bas , mais fort rarement ; il semble qu'il est voilé par des roches secondaires qui en

diffèrent beaucoup, et qui montent quelquefois à plus d'une- lieue dans la montagne. .A partir du Velay, le flanc de la montagne suivant le nord jusqu'à une petite distance de Boen où passe le Lignon , on ne voit que des roches de gneis très-mioacé , dont le ciment est composé de quartz et sur - tout de feldspath : cette dernière substance est très-,commune dans cette partie de la montagne ; on en trouve même de très-gros blocs assez homogènes, Aux environs de Boen on coin, mence- à. trouver des roches argileuses, et point

de feldspath, si ce n'est dans quelques rochers argileux. Dans l'espace que l'on parcourt depuis ) Cette observation démontre que fa Loire, qui roule matières volcaniques, n'a pas une grande influence dans tous ces,

irx,angemens.

plaine du nord , on ne voit guère que les mêmes roches argileuses jaunâtres , des schistes moitié cal, qui indiquent des carrières de houille et de carbonate calcaire , que

Von a découvertes effectivement. Lorsqu'on descend de Saint-Poigne pour arri-

ver à la plaine du nord , on trouve encore des roches argileuses ; mais près de Saint-Mauriée on

voit, sur le bord du chemin , un beau banc de pétrosilex; on commence encore à trouver le porphyre , sur-tout quand on approche de la commune de Villiers, et au-delà. Entre cette commune et Roanne , les terres sont pleines de quartz et de jaspes grossiers ; ils font suite à une grande couche de silex que l'on voit dans partie du Beaujolais et du Charolais : la Loire l'a divisée presque à son extrémité et à la chute des montagnes. Il est à remarquer que ces roches de granit et de porphyre finissent à une demi-lieue de Roanne, et que c'est autour de cette grande commune que se trouve une démarcation bien notable entre le pays granitique et le pays calcaire. A une lieue audessous, et sur le bord de la Loire , on entre dans le pays calcaire : cette espèce de roche se prolonge, et l'on pourrait en trouver une suite jusque sur les bords de l'Océan. C'est là que l'on commence à trouver des coquillages pélagiens , tels que cornes d'ammon , belemnites , gryphites , &c. , en. très-

grande quantité. Quant au pays granitique ,

monte en' sens contraire et traverse le Velay , le Gevaudan , les Cévennes, et partie du Languedoc, d'où il va peut-être se réunir aux Pyrénées. On rencontre quelquefois , dans les Las-fonds de ce grand. espace , quelques bancs calcaires,; niais ils