Annales des Mines (1869, série 6, volume 15) [Image 12]

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NOTICE SUR P. BERTHIER.

NOTICE SUR P. BERTMER.

lement à la vue cette nouvelle espèce, au point que l'on avait cherché à le traiter comme un minerai de fer, n'empêcha pas Berthier de la découvrir (*). L'importance de ce minéral, qui a reçu le nom de bauxite, s'est accrue, dedepuis qu'on l'a reconnu en abondance dans bien d'autres gîtes du sud-ouest de la France et dans diverses contrées. Déjà, on cherche à en tirer parti pour la fabrication directe du sulfate d'alumine , pour celle de l'aluminium , et il est possible que cet hydrate d'alumine naturel, si facilement attaquable, trouve d'autres emplois. Le minéral connu des mineurs du Mexique sous le nom

de plata verde ou argent vert, fut reconnu par Berthier comme étant, non un chlorure, mais un bromure d'argent (bromargyrite) et retrouvé ensuite par lui, à Huelgoat, dans le Finistère(**), puis au Chili, où il forme des masses considérables, surtout comme chlorobromure. Cette découverte

du brome dans les minerais proprement dits, en dehors de l'eau de mer, complétait la découverte, qu'avait faite Vauquelin, en 1825, de l'iode dans le règne minéral, à l'état d'iodure d'argent. Pendant que les recherches de BerSources minérales. zelius montraient tout l'intérêt que l'étude des sources minérales présente, au point de vue de la géologie, non moins

qu'à celui de la thérapeutique, Berthier se livrait à des recherches sur le même sujet, particulièrement en ce qui concerne la France. A peine sorti de l'École des Mines de Moutiers, il analysait l'eau de Salins, dans le but d'apprécier les procédés

suivis pour l'extraction du sel, et d'y chercher des perfectionnements (*"). Déjà, dans ce premier mémoire, on (*) Annales des mines, i" série p. 55,, 182,..

,

t. V, p. 135, 820 et t. VI

(**) Annales des mines, 3' série, 't . XIX, p. 734, /8(11; id., 11' série, t. II, p. 534, 1842. (***) Journal des mines, t. XXII, p, Si, 18)7.

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remarque l'exposition méthodique et précise qui le caractérisa toujours. Après avoir fait connaître la composition de l'eau miné-

rale de Chaudesaigues (Cantal), la plus chaude de la France (5), Berthier étudia, conjointement avec son collègue Puvis (**), celle de Vichy, dont l'examen chimique fut, pour lui, l'occasion de considérations géologiques. L'énorme quantité de bicarbonate de soude qu'elles apportent chaque

année, mélangé de chlorure de sodium et de sulfate de soude, lui suggéra l'idée d'extraire le carbonate de soude, .que l'on n'utilisait pas encore, comme on le fait aujourd'hui. L'analyse des sourcés thermales de Bourbon-Lancy (***) révéla, pour la première fois, dans les eaux minérales de la

France la présence de la potasse, dont Berzelius avait démontré l'existence en d'autres localités. La source saline de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin), présente cette particularité remarquable de jaillir, non du trias, mais de couches tertiaires, qui renferment en même temps des gîtes de pétrole ; elle est aussi caractérisée, au point de vue chimique, comme l'a montré Berthier, par l'abondance du brome , en même temps que par l'absence de sulfates (****). Il en est de même des sources de Creutznach (Hesse-Darmstadt) qui sortent également .dans des conditions spéciales , en relation avec le porphyre quartzifère (*****).

Géologie.

Les travaux qui précèdent ne sont pas seulement minéralogiques; ils ont fourni une foule de documents sur le (*) Journal des mines, t. XXVII, p. 'hi, 18,o, et Annales des mines, jr série, t. V, p. 499, 1820. ("*) Annales-des mines, 1" série, t. V, Sol, /82o. (***) Annales des mines, 2' série, t. III, p. 98, /828. (****) Annales des mines, 3' série, t. V, p. 535, /835. (*****) Annales des mines, 1" série, t. XIII, p. 213, 182G.