Annales des Mines (1864, série 6, volume 6) [Image 266]

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REVUE DE GÉOLOGIE.

TERRAINS.

que dès 1858, il l'avait distingué sous le nom de néocomien alpin. M. Co quand considère le barrémien comme un étage normal de la série néocornienne, postérieur au néocomien moyen des géologues entre les marnes d'Hauterive et le véritable urgonien ; il pense que

Pays de Bray et Bassin de Paris. M.Co r nu e 1 (s) a comparé les assises du grès vert inférieur du pays de Bray aux couches synchroniques de la Haute-Marne et de Pile de Wight; il cherche à expliquer les différences de compositions de ces trois parties du bassin crétacé anglo-français par des mouvements divers d'exhaussement et d'abaissement.

c'est risquer une grave erreur paléontologique que de supposer que la faune barrémienne soit la faune de passage de l'un de ces étages à l'autre.

Loir-et-Cher. En publiant un tableau de la distribution des espèces dans les terrains crétacés de Loir-et-Cher, M. l'abbé Bour -

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Suisses et antérieur à l'urgonien. M. Pictet ne croit pas que les couches désignées sous ce nom, soient normalement intercalées

Dans le Jura Suisse et dans une grande partie de la France (Aube, Yonne, Isère, Bouches-du-Rhône, etc.) on voit la série suivante: Aptien supérieur. Aptien inférieur. Calcaire urgonien à chaula Amrnonia.

Urgonien jaune. Pierre jaune de Neufchâtel. Marnes d'Hauterive. Étage Valenginien.

Sur une bande qui commence en Bavière, coupe la Suisse (Stockkorn, Châtel-Saint-Denis), la Savoie (Voirons, Môle), les départe-

ments de l'Isère, de la Vaucluse, qui s'élargit dans le Var, les Basses et Hautes-Alpes, et se replie dans toute l'Italie septentrionale, on trouve une coupe différente : Aptien, facies provençal. Couches d'Escragnolles, renfermant des Ammonites non décrites. Barrémien. Couches à Ammonites radiatus, A. Leopoldinus, Belemnites tatas, annum et leptychus. Valenginien?

M. Pictet admet l'indépendance de ces deux coupes, que M. Co quand cherche à identifier : il pense que dans des mers voisines ou par des profondeurs différentes des mêmes mers, il peut y avoir une succession de populations indépendantes. Des faunes successives, qui méritent toutes le nom de néocomiennes, ont été contemporaines mais sans être identiques. La période néocomienne

commence sur la plus grande partie de l'Europe par des faunes bien semblables, d'abord la faune valenginienne, puis la faune néocornienne la plus inférieure. Postérieurement, les dissidences se sont marquées dans les deux grandes régions correspondant aux coupes précédentes ; dans la première, la faune a gardé un faciès littoral, dans la seconde les céphalopodes ont dominé. Quelques

mélanges ont bien pu s'opérer çà et là, mais ils ne sont devenus nombreux qu'à l'époque aptienne.

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geo s (2) a admis une classification paléontologique analogue à celle que M. Tri ger a dès longtemps proposée, à la suite de ses études sur le département de la Sarthe. Il subdivise les terrliins en allant de bas en haut en zones du Pecten asper, du scaphites qualis, de l'ostrea biauricutata, de la Rhynconella, Cuvier!, de l'Ammonites peramplus, du spondylus truncatus et du spondylus spinosus (5).

Il range les trois premières dans le cénomanien, les trois suivantes

dans le turonien, la dernière seulement dans le sénonien ; par suite il s'écarte un peu de la classification de M. d'Or bign y qui faisait. rentrer dans le sénonien la zone du spondylus truncatus. Le

sens attaché par M. l'abbé Bourgeois au terme de turonien et de sénonien se' trouve donc modifié dans son mémoire, et la limite entre ces deux étages y subit une transposition (4). Les observations faites dans le département d'Eure-et-Loir et en Touraine par M. Lau gel le portent d'ailleurs à penser avec M. l'abbé

Bourgeois que les couches à spondylus truncatus doivent être mises dans le turonien. Les espèces prétendues sénoniennes de la craie de Vendôme sont bien des espèces nouvelles et encore inédites.

Parmi les 66 espèces cénomaniennes déterminées par M. Bourgeois, 9 passent dans l'étage supérieur, et It atteignent jusqu'au sénonien; sur les '56 espèces turoniennes, 18 passent au sénonien. as espèces ont été déterminées dans ce dernier étage ; mais les tableaux de M. Bourgeois ne comprennent que les poissons, crustacés, annélides, mollusques et échinodermes. Les bryozoaires, les polypiers et les spongiaires n'y figurent point.

AjoutonS cependant que M. Guinier n'admet pas la nouvelle

(i) Bulletin géolcgique, vol. XVIII, p. 975. Revue de géologie, 11, 210. Bulletin, de la Société géologique, I. XIX, p. 652. Bulletin géologique, t. XX, p. loi.