Annales des Mines (1860, série 5, volume 17) [Image 264]

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SUR L'APPLICATION DES CONTRE-POIDS

PAR M. NOLLAU.

Afin d'observer les perturbations des mouvements de la machine dégagée de toute influence étrangère, elle fut mise en vapeur et suspendue à la charpente de l'atelier au moyen de tringles en fer saisissant les roues portantes. Les roues se trouvaient ainsi à quelques pouces au-dessus des rails, et non-seulement les tiges de suspension laissaient le système libre dans le sens horizontal, mais encore l'élasticité de la charpente qui le supportait lui permettait de prendre des mouvements verticaux. Dès qu'en admettant de la vapeur, on fit tourner les roues motrices avec la vitesse ordinaire, la machine prit un mouvement de va-et-vient en avant et en arrière, concordant avec la

application remonte aujourd'hui à un an environ (1847); les pièces de Iattelage n'ont pas éprouvé la moindre altération, tandis qu'avant l'application des coutre-poids et malgré l'interposition d'un ressort de choc et de traction, les boulons étaient toujours cisaillés, et les plaques d'attelage, déchirées. En outre, le mouvement de la machine a acquis une régula-

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marche des pistons, et d'une amplitude totale de 4 pouces envi-

ron. C'est à peine si on remarquait une oscillation horizontale transversale vers la boîte-à-fumée, mais les mouvements verticaux étaient, au contraire, saccadés et très-sensibles. Cette perturbation ne peut être remarquée dans les conditions ordinaires, parce que les rails s'opposent au mouvement. Mais elle

explique ce fait, que les bandages ont ordinairement leur maximum d'usure au droit de la manivelle. Les contre-poids à appliquer peur neutraliser les forces centrifuges étant placés à 5o pouces de l'axe de l'essieu, soit à une distance égale à trois fois le rayon de la manivelle, ils devaient peser : ou 51 livres. -3

Dès qu'ils furent mis en place, toute tendance aux mouvements verticaux disparut complétement, même lorsque les roues faisaient 250 tours par minute ; mais le mouvement de va-et-vient horizontal était encore prononcé. Il disparut à son tour lorsque le contre-poids fut porté à

. 400 ---- 135 livres.

Mais alors le mouvement vertical reparut, et accompagné d'une oscillation horizontale et transversale de l'avant de la machine.

En effet, d'une part, les coutre-poids étaient, naturellement,, trop forts pour la force perturbatrice verticale de l'autre, ils se mouvaient dans des plans verticaux deux fois plus éloignés du plan diamétral de la machine que les masses des pistons à neutraliser. J'adoptai pour cette machine la moyenne, soit 95 livres. Cette

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rité surprenante. J'ai procédé comme il suit pour observer le mouvement horizontal de va-et-vient : La machine étant placée sur une portion de voie bien boni-

zontale, les rails furent enlevés sous les roues motrices, et on donna de la vapeur sans que les roues portantes fussent calées ; sn La machine fut mise en marche à la vitesse ordinaire, remorquant seulement son tender, et le boulon d'attelage ayant un jeu de 2 pouces.

Ou constata dans ces deux expériences, qu'avec un contrepoids de 133 livres (1) il n'y avait pas le moindre choc, tandis que dès qu'on le diminuait ou qu'on l'augmentait d'une vingtaine de livres seulement, les mouvements irréguliers devenaient très-sensibles.

Les machines à roues couplées et à cylindres intérieurs pourraient généralement se passer de contre-poids ; les manivelles extérieures, calées à 1800 des manivelles motrices, et les bielles d'accouplement remplissent déjà, en effet, les fonctions de contre-poids. Tel est le motif de la stabilité que possèdent ces machines, et qui diminue si on vieil L à enlever les bielles d'accouplement.

Les locomotives à cylindres extérieurs présentent l'inconvénient bien connu, qu'à chaque coup de piston l'avant de la machine est jeté avec plus ou moins de force de gauche à droite

et de droite à gauche. On s'est pour ainsi dire cassé la tête pour trouver la cause de cette tendance, dont a donné diverses explications : on l'a notamment attribuée aux variations qu'éprouve la pression exercée sur les ressorts d'avant par suite de l'obliquité des bielles ; à quoi l'on peut objecter que, dans les machines à cylindres horizontaux, c'est à. peine si l'on peut remarquer une oscillation régulière des ressorts. D'ailleurs, fûtelle plus prononcée , elle ne pourrait imprimer à la machine (0 celui de l'équilibre vertical.

(Note

du (relue/ou.)