Annales des Mines (1848, série 4, volume 13) [Image 394]

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CIRCULAIRES. 784 quelques-uns des tubes calorifères servoir de vapeur ,

ayant pu être émergés par l'inclinaison du bateau à l'escale, et une alimentation insuffisante ayant pu avoir lieu pendant le temps d'arrêt. On a remarqué aussi que les conduits de la flamme et

de la fumée, à section triangulaire, présentaient une. forme qui les rendait impropres à supporter de fortes pressions, et que les tirants servant d'armatures n'étaient pas disposés de manière à suppléer au défaut de résistance des parois. 11 importe de ne point autoriser à l'avenir, pour des services de passagers, des bateaux dont les chaudières auraient des tubes intérieurs d'une construction analogue et seraient destinées à fonctionner sous une pression effec-

tive de plus d'une demi-atmosphère. Je vous invite

à

appeler, sur cet objet, l'attention des commissions de surveillance qui se trouveraient instituées dans votre département.

L'explosion survenue à la Villette est pareillement arrivée au moment de la mise en train de la machine. Les causes qui peuvent ainsi faire coïncider les explosions avec l'instant de la mise en train ont été indiquées dans les circulaires des 15 septembre et 4 octobre 18!7, lesquelles ont en même temps rappelé les conditions prescrites par l'ordonnance royale du 2 mai 1843 pour prévenir les dangers de ces suréchauffements des parois des

réservoirs de vapeur. On ne saurait tenir trop strictement la main à l'exécution de ces mesures.

La chaudière qui a éclaté dans l'établissement de la Villette présentait d'ailleurs des détériorations provenant de vétusté et d'une mauvaise qualité de la tôle, qui ont nécessairement contribué à déterminer l'explosion. On avait installé cet appareil à l'insu de l'autorité, sans lui faire subir d'épreuve. Le déplorable accident qui en est résulté, et dans lequel sept personnes ont péri et douze ont été blessées, est un nouvel exemple des funestes conséquences que peuvent entraîner les contraventions. Cet accident a donné lieu aussi, comme vous le verrez par les rapports ci-joints, à des observations sur l'importance des mesures qui sont relatives, dans l'emplacement

des chaudières, à la fixation de leur axe. Je me réfère

CIRCULAIRES. 785 également, sur ce point, aux recommandations contenues dans la circulaire précitée du 4 octobre 1847. Recevez, monsieur le Préfet, l'assurance de ma par-

faite considération. Le membre du Gouvernement provisoire, ministre des travaux publics,

Signé MARIE.

M. l'ingénieur Paris, le 14 mars 1848.

Citoyen, en prenant possession du département des travaux publics, je dois entrer en communication avec vous et vous faire connaître les principes d'administration que la République veut invariablement maintenir, et dont vous devrez bien vous pénétrer. Pris en eux-mêmes, les travaux publics ne sont légitimes qu'a deux conditions : utilité publique dans l'établissement, et, dans l'exécution, une activité tout à la fois intelligente, économe et probe. L'utilité a été jusqu'ici trop méconnue ; elle ne doit plus l'être. En cette matière, comme en matière de finances, le passé pèse et pèsera peut-être longtemps encore sur la République. Le gouvernement déchu nous a légué des travaux qui attestent avec quelle prodigalité, compromettante pour le trésor, ce gouvernement ,sacrifiait à ses intérêts politiques les intérêts sérieux de l'Etat. J'ai les yeux ouverts sur ces abus, et j'ai la ferme volonté de les réprimer, en mettant, autant que cela sera possible, un terme à des dépenses inutiles et improductives. Toutefois, comme je désire ne m'avancer dans cette

voie qu'avec prudence, qu'avec certitude même, je demande à votre loyale expérience tousl es renseignemen Es qui

pourront m'éclairer. Soyez ferme, impartial, courageux, s'il le faut, dans l'accomplissement de ce devoir ; car la République n'admettra, dans les investigations qu'elle réclame, ni légèreté, ni faiblesse, ni injustice.

Instructions générales.