Annales des Mines (1848, série 4, volume 13) [Image 132]

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DES MINERAIS DE CUIVRE.

NOUVEAU TRAITEMENT MÉTALLURGIQUE

flammes; puis, de demi-heure en demi-heure nous brassons avec des râbles à cieux dents, très-

commodes pour nettoyer dans la scorie, la surface des barres. Nous emploYons aussi comme moyen énergique de brassage une perche en bois qui, plongée dans la scorie, donne un dégage-

ment considérable de gaz, et produit un fort bouillonnement.

L'aspect de la scorie ne peut guère indiquer l'avancement de la réduction, une fois que la scorie très-riche en protoxyde de fer ne contient plus que i à 2 p. o/o -de cuivre. Toutefois nous avons constaté que les essais pris avec un ringard

froid, plongé un instant dans le bain, présentaient toujours au contact du fer une teinte métallique rougeâtre très-prononcée quand la scorie était un peu riche; cette teinte était au contraire insensible quand la scorie ne renfermait plus que 4 à 5 millièmes de cuivre. Nous avons toujours trouvé que 3 à 4 heures

d'action des barres suffisent pour appauvrir la scorie jusqu'à la teneur de o,004 à o,006. Après cet intervalle de temps nous retirons les barres et nous faisons la coulée.

La durée d'une opération entière est ainsi de huit heures, et dans une usine on pourrait aisément faire trois opérations .par jour. La perte de poids des barres a varié dans nos expériences de i à 6 kilogrammes pour des quantités de cuivre de 12 à 42 kilogrammes obtenues de minerais diversement riches. Cette perte est, du reste, à peu près indépendante de la richesse des minerais, et la consommation de fer est proportionnellement beaucoup moindre pour des minerais riches que pour des minerais pauvres.

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Pour des minerais pyriteux d'Espagne contenant' 21 p. o/o de cuivre, nous avons consommé ii de fer pour ioo de cuivre obtenu.. Les minerais anglais que nous avons fondus contenaient 7 p. o/o de cuivre, 4 à 6 p. o/o d'arsenic, un peu d'antimoine et quelques millièmes d'étain. Nous en avons retiré du cuivre noir impur et contenant 3 à 5 p. o/o d'arsenic, 2 à 3 p. o/o d'étain , et seulement quelques millièmes de soufre

et de fer. Ce résultat ne nous a pas surpris; l'arsenic ne peut être chassé à peu près complétement que par un assez ,grand nombre d'opérations successives et alternantes de grillage et de

réduction. Aussi ne proposons-nous pas notre procédé pour des minerais contenant beaucoup d'arsenic ou d'antimoine, par exemple pour les cuivres gris.

Avec des minerais pyriteux non arsenicaux

nous avons toujours obtenu du cuivre noir trèspur, contenant seulement de 3 à 5 millièmes de soufre et de fer; plusieurs de nos lingots présen-

taient à la cassure une structure soyeuse trèsprononcée.

Nous avons employé une fois comme fondant des scories de réchauffage de la forge de Grenelle, contenant de nombreuses paillettes de fer métal-

lique, notre cuivre s'est trouvé contenir 3 p. o/o de fer ; ce que nous avons attribué à ce que les

écailles de fer, entraînées tout d'abord par le cuivre, se réunissant au bas de la sole, n'avaient pu se dissoudre en totalité dans la scorie. Ce fait nous a empêché de faire quelques essais pour substituer aux barres de fer de la tournure de fer ou de fonte, dont une partie se serait évidemmem mélangée au cuivre.