Annales des Mines (1847, série 4, volume 12) [Image 176]

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PRINCIPES A suivRE

DANS LA POURSUITE DES orrEs MÉTALLIFÈRES. 35

règle. Cette théorie n'est pas concluante parce

fait, il faudra y joindre des observations de détail

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que, relativement au minerai, elle ne dit rien de la quantité et n'apprend rien des lois qui peuvent présider à sa distribution dans le c6rPs des filons. Enfin j'ai montré que tous les principes pratiques qu'on a déduits de cette théorie, loin d'être généralement consacrés par l'expérience, étaient en désaccord formel avec des exemples considérables,

théorique n'entre jamais dans le domaine de la pratique, qu'à l'état d'aperçu. Il me semble d'ailleurs que si l'Application de la Géologie à l'Exploitation des filons laisse tant à

désirer, c'est moins parce que les observations

soit par leur nombre, soit par la grandeur des écarts signalés, soit enfin par l'esprit de pré-

suffisamment précises et nombreuses manquent, que parce qu'on ne leur accorde pas l'importance

mines citées.

celles qui sont le plus dignes d'attention , au lieu de chercher à les coordonner pour en tirer parti. J'oserai donc rappeler aux géologues qui, par leurs travaux antérieurs, se sont montrés capables de

voyance et de désintéressement observé dans les

Il ne faut donc point s'étonner si une théorie

aussi peu 'avancée ne conduit pas à des principes solides. On peut même établir, par induction, que toute théorie de ce genre donnera lieu à d'énormes mécomptes tant qu'elle fera abstraction des cas appelés accidentels et qu'elle ne se reconnaîtra pas pour être essentiellement subordonnée à l'observation locale des faits que nous recommandons. En effet, si la mécanique industrielle qui opère sur des éléments saisissables et susceptibles d'être mesurés avec précision, exige néanmoins, à l'application , des coefficients qui réduisent les résul-

qu'elles méritent et qu'on laisse dans l'ombre

combler cette lacune de la science, le reproche que Lavoisier adressait à certains chimistes de son temps : « Autrefois, disait-il , on n'avait pas en» core de faits et l'on formait des systèmes; et aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, semble que nous nous efforcions de les repousser

quand ils ne cadrent pas avec nos préjugés, tandis que pour étayer nos systèmes nous nous contentons d'assertions sans preuves, ou que, du

tats théoriques du quart, du tiers, de la moitié, est- il possible que la géologie puisse conduire à

» moins, nous regardons comme telles de très-

elle qui n'en est encore qu'a l'énoncé général du problème, relativement aux filons métalliques? Je conclurai de ce qui précède que l'application de la géologie à l'exploitation des mines n'existe pas encore et qu'elle n'existera réellement que lorsqu'on aura découvert les lois qui peuvent présider , soit à là disposition exacte et non idéale de la cassure, soit à la distribution du minerai. Cela

pas concluantes , les faits ne le sont pas davantage.

des formules directement applicables avec sécurité,

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précises, multi pli ées et concordantes, propres enfin à donner ces coefficients sans lesquels une formule

» légères probabilités (1). »

Si les théories qu'on nous a opposées ne sont

Ainsi on a cru démontrer la généralité du principe de la continuité indéfinie des minerais dans la profondeur en faisant voir qu'il était possible de trouver dans le monde jusqu'à douze exemples de (1) Chimie de Lavoisier. Discours préliminaire, p. xv et xvi.

Insuffisance des faits qu'on nous oppose.