Annales des Mines (1847, série 4, volume 11) [Image 65]

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EXPLOSION D'UN CYLINDRÉ A AIR COMPRIMÉ'

vaut dans mie obscurité complète , put saisir aussi l'échelle mobile et remonter à la suite de Constant

Bertiaux et de Henri Blanchart Qu'arriva-t-il à ces deux mineurs? personne ne peut le dire. Toujours est-il- -qu'ils ont biché les échelles et sont retombés dans l'eau qui s'accumulait au fond du puits. L'un d'eux, dans sa chute, heurta violemment le porion Constant Éraux , le blessa même à la tête avec son sabot et le précipita au fond de l'avaleresSe. Ce porion, qui a fait preuve en cette

circonstance d'une énergie vraiment extraordinaire, parvint en se débattant dans l'eau à saisir le tuyau de décharge, et à l'aide de ce tuyau réussit à remonter toute la hauteur que l'eau avait déjà envahie. Il trouva un puissant secours dans le mouvement ascensionnel de l'eau, et peut-être aussi clans la légèreté spécifique que lui communiquait l'air comprimé dont certaines parties de son corps étaient encore plus ou moins remplies. Une fois la tête hors de l'eau, Constant Éraux se trouvait vers la partie la plus étroite du tube en tôle, il put par conséquent saisir les échelles fixes et remonter à l'orifice du puits. Sa première pensée fut pour Constant Bertiaux et Henri Blan-

chart, mais ces deux mineurs étaient restés au fond de la fosse, où il s ont été noyés. Leurs cadavres n'ont été retrouvés que dans la journée du 23. Telles ont été les circonstances du malheureux événement arrivé à l'avaleresse la Naville, et dont six hommes ont été victimes. Après avoir constaté les faits que nous venons d'exposer, nous avons dû rechercher à quelle cause pouvait être attribuée

la rupture du couvercle du sas à air. Avant d'énoncer notre opinion à ce sujet, nous dirons quelle

A

DOUcRy (NORD).

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forme avait le couvercle et de quelle manière il éclata.

Le fond supérieur du sas à air (j%. 3) était formé d'un anneau cylindrique de om,20 de hauteur, terminé à sa partie supérieure par un fond plat de 2m, iS de diamètre intérieur, à sa partie inférieure par une bride qui se boulonnait sur le collet supérieur du cylindre; l'anneau cylindrique et le fond plat se joignaient à vive arête à l'inté-

rieur comme à l'extérieur du couvercle; il n'y avait pour ainsi dire pas plus d'épaisseur à l'angle de raccordement qu'en tout autre point. Le fond

plat portait deux tubulures ayant om,24 de diamètre intérieur et une hauteur de om,15, tant en dessus qu'en dessous de sa surface. L'une d'elles était destinée à recevoir le tuyau d'introduction d'air, l'autre donnait passage au tuyau de décharge. Ce couvercle était en fonte, d'une seule pièce, et avait été coulé dans les ateliers de la compagnie de Douchy: Lorsqu'il était fixé sur le sas, la paroi cylindrique de ce dernier se prolongeait au-dessus de la bride d'assemblage presque jusqu'au fond plat, et il existait entre cette paroi et l'anneau du couvercle un vide rempli avec des étoupes chassées au brondissoir. Le fond plat était

percé d'une porte rectangulaire ayant om,70 sur om,35, et placée de telle manière que le diamètre passant par les centres des deux tubulures était perpendiculaire aux deux longs côtés et les partageait en deux parties égales. Les centres du fond plat et du rectangle étaient à ou',2o l'un de l'autre, et la tubulure dont la porte était la plus voisine est celle du tuyau d'introduction d'air. Le fond plat était en outre pourvu d'une soupape de sûreté qui n'était pas réglée et qui ne servait à rien ; il