Annales des Mines (1841, série 3, volume 19) [Image 188]

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THÉORIES DE LA CÊMENTATION 368 théorie belge du foyer pyrénéen ; je me fais enoutre un plaisir de transcrire le passage suivant , où cette théorie s'écarte le moins de mes propres idées « Dans cette opération ( celle des foyers pyrénéens), on ne doit avoir d'autre but que d'obtenir du fer ; il ne faut pour cela qu'enlever l'oxygène

à la mine, et ne laisser que la quantité de laitier nécessaire à la qualité du produit. On conçoit que tout le travail tend à ce but : on grille la mine auparavant ou elle est grillée pendant l'opération, ce

qui la dégage de l'humidité et des gaz qui pour» raient nuire. Elle éprouve en outre une dilatation qui facilite l'introduction des gaz carbonés qui cèdent leur carbone à l'oxygène de la mine, et s'échappent en oxyde de carbone ou en acide carbonique Mon ami, M Cauchy, ingénieur en chef des mines à Namur, qui a bien voulu, à ma prière, s'enquérir des autres réclamations que mes travaux auraient pu faire naître en Belgique, me transmet la phrase suivante, copiée textuellement

dans un ouvrage de M. de Koninek, publié à Liége en 184o ( : « Aujourd'hui, l'on admet généralement que la » réduction du fer dans les hauts-fourneaux se fait » par l'oxyde carbonique. Cette théorie, dont M. Le Play s'est à tort constitué l'auteur, appartient de droit 'àmon estimable collègue M. Ad. Lesoinne, » qui l'a émise et professée depuis i 825. » L'ouvrage, ainsi que l'extrait inséré note , page 135). dans le texte, m'ont été indiqués par M. Cauchy, ingénieur en chef des mines, à Namur, qui a eu l'obligeance de relever de sa main ces renseignements. (1) Eléments de chimie inorganique; par M. de Koninck.. Liége, 1840, page 260.

ET DES FOURNEAUX A TUYÈRES.

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Je regarde comme un devoir de mentionner ici

la réclamation de M. de Koninck ; mais il me sera permis aussi, dans l'intérêt des bonnes relations scientifiques , d'exprimer le regret que cet auteur ait donné à sa réclamation une forme aussi

tranchante. M. de Koninck ne peut connaître qu'un très-court extrait ci u travail que j'ai présenté

à l'Institut en 1836 ; et ce motif seul aurait dû le dissuader de porter un jugement hasardé sur les idées fort complexes que j'ai émises à cette époque, et que j'ai reproduites dans le deuxième chapitre de ce mémoire. Pour faire accepter aux métallurgistes une théorie nouvelle, il ne suffisait pas, en effet, de signaler les propriétés réductives de l'oxyde de

carbone, il fallait démontrer par des preuves suffisantes l'intervention nécessaire de cet agent : or, c'est dans ces preuves et dans les développements qu'elles entraînent que consiste essentiellement la nouvelle théorie des fourneaux à courant d'airforcé.

En second lien, lors même que M. de Koninck aurait eu le moyen de comparer ma théorie avec celle qu'a émise M. Lesoinne , et eût reconnu identité ou même supériorité dans celle de ce dernier,

je ne le croirais pas encore fondé à me reprocher

comme un tort d'avoir ignoré, comme je fais encore aujourd'hui, les idées de M. Lesoinne. Le public impartial trouvera peut-être que M. de Koninck a eu le double tort d'oublier les égards que les savants devraient toujours conserver les uns

pour les autres, et d'omettre d'établir les droits de M. Lesoinne en citant l'ouvrage antérieur au 18 juin 1836, où cet auteur aurait émis ses idées sur la théorie des hauts-fourneaux. En ce qui me concerne , je serai d'autant plus empressé de signaler cet ouvrage, s'il existe , ainsi que les