Annales des Mines (1841, série 3, volume 19) [Image 147]

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ridoRrEs DE LA CÉMENTATION

proportion d'oxyde de carbone dans le gaz contenu en rr, celui-ci recevrait par cela même un accroissement de pouvoir réductif, et déterminerait par conséquent une production plus active d'acide carbonique. Il y a donc - dans la nature même du phénomène de la cémentation, en ce qui concerne la proportion relative des deux gaz réagissants, une tendance vers un certain état d'équilibre, dont, je le répète , l'expression numérique serait caractéristique pour chaque Corps oxydé.

Il est maintenant aisé de comprendre que les deux phases de la cémentation du peroxyde de fer sont dues à l'existence d'un oxyde stable inter-

médiaire entre ce peroxyde et le radical, et correspondant à deux états essentiellement différents du mélange gazeux réagissant. Dans la première phase (fig. 3), caractérisée par l'existence d'un noyau central de peroxyde o non encore atteint par la cémentation, le mélange gazeux qui remplit la région déjà cémentée o' o' doit contenir une forte

proportion d'acide carbonique, par suite de la facilité avec laquelle le noyau o tend à céder une partie de son oxygène pour passer à l'état d'oxyde magnétique. La production du fer métallique est donc impossible dans la région do', même à la sullace clit.fragme7zt; car si une molécule de fer métallique venait à s'y former sous l'influence accidentelle d'une forte proportion d'oxyde de carbone, elle ne tarderait pas à être réoxydée , dès que l'état normal serait rétabli , sous l'influence de l'acide carbonique que régénère abondamment le noyau central. Mais , dès que ce noyau est converti lui-même en oxyde magnétique, la teneur en oxyde de carbone du mélange gazeux augmente immédiatement. En effet, le nié-

ET DES FOURNEAUX A TUYÈRES.

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lange contenu en o'd 0' à la fin d e, la première phase

étant sans action sur cet oxyde magnétique ne peut plus se charger d'acide carbonique, tandis que les causes qui produisent l'oxyde de carbone con-

tinuent à agir ; il arrivera donc bientôt un instant oit le gaz contiendra assez d'oxyde de carbone pour que le fer métallique y puisse subsister, et pour que l'oxyde magnétique se réduise; dès que ce nouvel

équilibre sera atteint, la 2e phase de la cémentation commencera , et le fer métallique rr se produira progressivement de la surface au centre du fragment , ainsi que l'indique la ,fig. 4., comme dans le cas où le corps à réduire ne présente qu'un seul degré d'oxydation.

Cette analyse n'explique pas seulement . les 12. Loi générale les cémencirconstances de la cémentation du peroxyde sur tations à phases de fer : elle suggère encore à priori une loi gé- mulLiples. nérale propre à ce genre de réduction ; elle f'ait prévoir par exemple que la cémentation présenterait trois phases distinctes s'il existait un autre

oxyde o", stable dans un mélange gazeux qui aurait la double propriété d'oxyder le radical r, et de réduire l'oxyde o'. J'ai supposé, dans l'analyse que je viens de faire, 13 L'azote inque l'atmosphère gazeuse qui intervien t dans la cé- terposé dans la ne joue mentation des oxydes, était formée exclusivement brasque aucun réle dans

des deux composés oxygénés du carbone ; et ce- la cémentation. pendant , ainsi que je l'ai indiqué précédemment, l'azote domine dans l'origine des réactions parmi les gaz de l'enceinte. Mais l'omission que j'ai faite à dessein de ce gaz pour simplifier l'explication des phénomènes n'ôte rien à la rigueur des raisonnements que j'ai présentés. On peut faire abstraction Tome _XIX, 1841.