Annales des Mines (1832, série 3, volume 3) [Image 313]

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TRAITEMENT DES ASBTRICHS 624 avec les mêmes matières, mêlées à parties égales.

Cette coupelle étant battue comme à l'ordinaire, on la chauffe pendant 18 heures avec de la tourbe; il en faut quatre corbeilles ou 59 pieds cubes de Leipzig; la sole étant alors desséchée et échauffée, on étend dessus 6o quintaux d'abstrichs, de manière qu'il reste devant les tuyères assez d'espace pour y mettre du bois fendu; cette disposition a été reconnue nécessaire, parce que, dans les essais précédens, où elle n'avait pas lieu , était fort difficile de fondre toute la masse d'abstriclis par le feu seul de la chauffe; mais cela devient aisé lorsqu'on peut diriger un jet de flamme sur la matière réfractaire; on entretient ce feu ou

foyer intérieur, en jetant du bois de temps en temps, sur la sole où se trouve rabstrich, et cela, jusqu'à fusion complète de la charge. Pour .empêcher que rabstrich ne s'attache à la sole, ce qui obligerait à l'enlever avec des ringards, et par suite entraînerait toujours des dégradations

plus ou moins considérables, on ne place pas la charge immédiatement sur cette sole, mais sur un lit de bois qui repose sur elle; cependant le bois ayant présenté quelques inconvéniens à cause

des parties volatiles qui s'en. dégagent, on préfère maintenant former le lit avec du charbon en poussière, étendu sur une épaisseur d'un pouce; 'ce combustible sert d'ailleurs plus tard comme agent de réduction; car une fois rabstrich fondu, il vient nager à la surface du bain. La fusion est complète après six ou sept heures de feu; alors on aperçoit, à la superficie, une couche

épaisse d'environ un pouce, d'une substance visqueuse et de couleur brune ; raffineur la fait sortir par la voie de la litharge. Cet écoulement ter-

DANS LES USINES DE FREYBERG.

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miné, un autre ouvrier jette sur le bain du poussier de charbon, et l'étend de manière qu'il s'en trouve une épaisseur uniforme de ; pouce environ.

Ce charbon contribue beaucoup à la décomposition de l'abstrich, et par suite à la vaporisation de l'antimoine et de l'arsenic. Le dégagement des vapeurs dure un quart d'heure ; après cela le fourneau commence à s'éclairer ; le charbon est alors brûlé en totalité. L'ouvrier fait ensuite couler, pour la deuxième fois, les abstrichs , dont la quantité est d'environ 2 quintaux, et qui ressemblent d'ailleurs à ceux que l'on a retirés au commencement. On remet du charbon , puis on retire de nouveau des abstrichs, et l'on continue de faire suc' céder ces deux opérations l'une à l'autre, jusqu'à

ce que le plomb se montre seul au fond de la coupelle ; ce moment arrive ordinairement douze heures après qu'on a eu allumé le feu sur /a grille;

on reconnaît d'ailleurs facilement l'instant où le métal se montre avec son éclat accoutumé; il suffit même, pour le prévoir, d'enlever à la superficie du bain un peu d'abstrich fondu, qui le recouvre encore. Pour éviter que ce plomb ne se refroidisse, on le recouvre d'une couche de poussière de char-

bon, plus épaisse que les précédentes, et le travail est terminé ; il ne reste plus qu'il faire couler le métal dans le bassin de réception, qui est préparé pour cet usage, devant le fourneau, et qui est demeuré jusqu'ici couvert par une plaque de fonte. On a eu soin de réchauffer une heure avant a coulée.

Il reste au fond de la coupelle; après l'écoulement du plomb, des crasses que l'on ajoute aux abstrichs, dans une opération suivante, mais dans Tome III, 1833. 40