Annales des Mines (1832, série 3, volume 3) [Image 9]

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ÉCOULEMENT DE L'EAU

fût en contact, ou presque en contact, avec la surface fluide ; on prenait , sur la tige, la distance de cette surface au bord supérieur, et cette dis-

Vase de jaugeage.

tance retranchée de celle qu'il y avait de ce même bord au centre de l'orifice , et qu'on avait prise avant de commencer l'expérience, donnait la charge. Pendant toute la durée de l'écoulement, M. Castel veillait soigneusement à ce qu'elle n'éprouvât aucune variation : le robinet et le déversoir lui donnaient les moyens de les régler à peu près comme il le jugeait convenable, et il en répond à un demi-millimètre près. Lorsqu'on voulait déterminer la dépense après que la caisse était bien établie et la charge fixée, que l'écoulement était régulier, à un signal donné , on en recevait le produit dans un vase de 5o litres, et l'on comptait le nombre de secondes qu'il mettait à se remplir. Le vase était un cylindre fait en forte tôle et revêtu en bois. Il avait été confectionné avec un

soin particulier par l'affineur de la mairie. Sa

contenance a été vérifiée par le poids de l'eau qu'il.

pouvait contenir. A cet effet, on l'a rempli avec de l'eau des fontaines, et on l'a recouvert d'une

glace bien plane qui en a fait sortir tout ce qui était en excès. Sur un plateau d'une grosse balance, sensible à 3 grammes, on avait un vaisdes poids seau plus grand et bien équilibré par fait passer,. y a placés sur l'autre plateau ; on

avec les précautions convenables, toute l'eau contenue dans le vase-mesure, et elle a pesé 49895 gram-

mes. Une seconde épreuve.a donné underésultat l'eau exactement, pareil. La température thermomètre était de t7°,4 du comme de l'air,

centigrade. En observant que la pesanteur spécifique de l'eau des fontaines , d'après l'examen qui

PAR DES AJUTAGES CONIQUES.

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en a été fait, est de 1,00074 , et que celle de'reau distillée à J70 est 0,998n , on en conclut que si l'eau introduite dans la mesure eût été distillée, et au maximum de densité, son poids eût été 49895 de 49947 gr. ( = ). 1,00074 x 0,9982) Enfin, si la pesée eût été faite dans le vide, le poids de l'air déplacé par l'eau étant 'de 6o grammes (sons la pression barométrique de om,75), et celui de l'air déplacé par les poids étant de 8 grammes, l'eau de la mesure eût pesé 49999(= 49947 H6o ) : ainsi, si les poids étaient rigoureusement justes, la -.contenance serait de 491it.999 ; elle serait exacte à 2 cent-millièmes près. Nous admettrons seulement qu'elle l'est à un millième près, et nous ne tiendrons pas compte des tions dues à la différence des températuresvariaauxquelles ont été faites les diverses expériences. La durée du temps employé à remplir la rue- Durée de sure était déterminée à l'aide d'un compteur en t'écoulement. forme de montre, et dont l'aiguille battait les

quarts de seconde. A un mot prononcé par M. Castel, au moment qu'il lâchait la détente du.compteur, un fontainier, qui tenait la mesure tout proche du jet, la plaçait dessous, et il l'établissait de manière qu'elle fût bien horizontale et que lejet passât tout près du bord. Lorsque l'eau qu'elle recevait était arrivée à une petite distance du haut, le fontainier la recouvrait d'une glace, en ne laissant que J'espace nécessaire à l'entrée du jet. Du moment que M. Castel, qui avait alors les yeux fixés sur la mesure, jugeait que ce petit espace était plein, il arrêtait le compteur, et il y lisait le nombre de secondes et parties

de seconde qu'avait duré le remplissage : i! était sûr de ce nombre à une denu-seconde.