Annales des Mines (1828, série 2, volume 3) [Image 39]

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RÉDUCTION DES SCORIES DE FORGES

poussier de charbon ; on a donné un coup de feu violent pendant 9 à Io', dans le but de faire foudre une couche mince à la surface du mélange, pour empêcher le poussier de charbon de brûler pendant la suite de l'opération ; on a ensuite ra-

mené la température à la couleur rose et on l'a maintenue ainsi pendan t 10 heures, dans le but de prolonger le contact des matières et d'opérer corn7 piétement la réduction; après' les Io heures, on à encore élevé fortement la température ,afin de séparer par la fusion les nouvelles scories du métal

réduit ; au bout de dent heures, la fusion était complète. On a observé le même bouillonnement et les mêmes jets de flamme que précédemment, et en outre quelques jets bleuâtres. On a percé ;

les scories ont coulé très-liquides, et comniençaient encore à se faire jour sous l'autel ; il est restésur la sole une masse de fer malléable;d'assez belle apparence, qui a pesé 2 o livres, ou 0,21 des scories de forges. Les scories obtenues ont cristallisé en partie confusément. On peut distinguer dans l'opération trois époques distinctes, qui peuvent se désigner ainsi : encroûtement, la réduction et la fitsion ; elle a duré en tout 12 heures Io et consommé 17 quintaux de houille indépendamment de celle consommée pour l'échauffement du four avant l'essai.

4. La sole ayant encore été attaquée dans

l'essai précédent, quoique beaucoup moins que dans les essais antérieurs, on a pensé que la réaction ne s'était pas opérée complétement faute d'un contact assez prolongé entre les matières on a alors augmenté le temps 'fle la réduction. Le four étant en état, on a chargé le même mélange que précédemment; l'encroûtement a duré

AUX FOURS A, RÉVERBÈRE.

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ii minutes, la réduction 23 heures, et la fusion 2 heures 49'. A la percée, les scories ont coulé très-chaudes, mais plus tenaces que précédemment; il est resté sur la sole une masse de trèsbeau fer malléable, qui a pesé 290 livres, 0,29 des scories de forges. Les scories obtenues ont confusément cristallisé; elles étaient moins lourdes que celles obtenues dans les essais précédens. L'opération a duré 26 heures, et a consommé 24 quintaux de houille indépendamment de celle consommée pour l'échauffement du four. La sole était cette fois en assez bon état, mais imprégnée de scories -réduites, et son niveau avait baissé d'environ ttl jignes. 5. On avait atteint en partie le but que l'on se proposait, il ne restait plus qu'a préserver la sole

de l'imprégnation des scories. On s'est rappelé que, dans les fours où l'on fait le fiuemetal , la sole dure souvent plusieurs semaines sans être

pénétrée ou dissoute par les scories, et on a pensé que cela tenait à l'interposition de la fonte entre la sole et les scories. On s'est décidé à employer ce moyen : Le four étant mis en état, on a étendu sur la sole 600 livres de fonte demi-blanche en brocailles, et on a chargé par-dessus le mélange suivant.,:-600 li-

vres de scories, 120 de chaux, et 4ppp.de poussier de charbon. A la percée, scories ont coulé chaudes et épaisses; il est resté sur la sole une masse métallique sous forme pâteuse, qui a paru intermédiaire entre le fer et le fine-metal : cette masse a pesé 757 livres. Il s'est formé deux sortes de scories : l'une, lourde, riche, cristallisée; l'autre, légère, pâteuse, nageant à la sur-

face de la première pendant la fusion, et dont