Annales des Mines (1825, série 1, volume 10) [Image 261]

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SUR LES MORTIERS.

chaux ) représenteraient près de 25 pour ioo, et constitueraient une chaux très-maigre et trèshydrolithe ; il y a donc grande probabilité que

le trass a fourni une bonne partie de la silice combinée.

Laissant à part toute hypothèse, on n'en établit pas moins, par la discussion précédente, que le trass, substance à particules dures et absorbantes, véritable pouzzolane en un mot, ne cède point d'acide carbonique à la chaux avec laquelle on le mêle. On ne contesterapas d'ailleurs

qu'uni à la chaux la plus grasse possible ( celle des coquilles d'huîtres employée en Hollande ), ce même trass ne puisse former un bon mortier hydraulique : donc les conjectures de M. Ber-

thier sur les causes de l'efficacité des pouzzolanes sont infirmées par les faits. Mais, demande M. Berthier, si la chaux ordinaire a quelque action sur la silice des pouzzolanes, comment n'en aurait-elle pas sur les argiles crues, substances qui, en général, se prêtent plus facilement aux combinaisons que les argiles calcinées ? Comment se fait-il que les sables feldspathiques qui proviennent de la désagrégation des granites ne jouent à-peu-près que le rôle du quarz pur? Nous sommes en mesure de répondre aujourd.hui qu'il existe des substances non cuites, non poreuses , non absorbantes , composées d'élémens friables, et qui neutralisent la chaux grasse, et font mortier hydraulique aveç elle. Ces substances sont :4° certains sables feldspathiques ou granites désagrégés sur place ; 2". la plupart des

.:4Jn. LES MORTIERS. 500 psainmites bruns et tendres de la Basse-Bretagne.

Ces faits nous étaient inconnus il y a quelques mois; ils sont constatés aujourd'hui, I°. par les nombreuses expériences de M. Avril , ingénieur des ponts et chaussées, attaché aux tra-

vaux du canal de Nantes à Brest, à Carhaix ; 20. par celles de M. Payen ingénieur attaché aux travaux du même canal à Josselin. Nous

avons vu de nos propres yeux les résultats dont 'nous parlons ; nous avons répété contradictoirement les expériences à Rennes pendant le mois de décembre dernier, et dans un an les nouveaux essais seront soumis à un examen authen-

tique. En attendant, nous nous proposons d'adresser à M. Berthier une caisse d'échantillons des diverses substances employées. Note sur l'article précédent ; par M. P. Berthier.

M. Vicat prétend prouver, par les résultats d'une analyse que M. John a faite d'un mortier de Trêves ( Ann. des mines, t. VII, p. 47m ), que dans les mortiers à chaux grasse et pouzzolane il y a combinaison entre la chaux et les matières terreuses. Son raisonnement -ne me semble pas concluant. D'abord, il ne paraît pas que le mor-

tier de Trèves soit un mortier à chaux grasse ; en second lieu, M. John s'est servi de son analyse pour appuyer une assertion- toute opposée

à celle de M. Vicat, parce qu'il regarde la silice gélatineuse trouvée dans ce mortier comme combinée avec la chaux antérieurement au mélange des matières. Enfin, comme le trass est attaquable par les acides, il se pourrait que la silice