Annales des Mines (1821, série 1, volume 6) [Image 313]

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EXTRAIT D'UN TRAITÉ

DE PHYSIQUE.

de la lumière polarisée doivent occuper dans l'ouvrage une étendue proportionnée à leur importance. Aussi l'auteur a pris un soin particulier à exposer les recherches si bien dirigées, que MM. Malus, Biot et Arago Ont entreprises sur'un sujet que Newtonsertablait avoir épuisé, et il 'n'a rien négligé pour mettre dans tout leur jour les importantes découvertes de ces habiles

Après avoir fait connaître, autant qu'il nous a été possible, ce que la troisième édition de la Physique de M. l'abbé Haüy nous a 'présenté

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physiciens (1). (1) L'observation des nouveaux phénomènes que nous offre la lumière, a conduit les physiciens à supposer, avec Newton, que les molécules lumineuses ont des espèces de pôles. Dans certaines circonstances, ces molécules s'arrangent de manière que leurs pôles hom-ologues sont tournésvers les mêmes côtés de l'espace. C'est à cet arrangement que M. Malus a donné le nom de-polarisation, en assimilant la force qui sollicite les

molécules, de la 'lumière à celle d'un aimant qui tournerait dans la même direction tous les pôles d'une série d'aiguilles magnétiques.'Les corps doués de la double réfraction ont la propriété Clepolariser les rayons de la lumière. La réflexion partielle à la surfaee d'un corps, sous un certain degré d'obliquité, produit aussi une semblable modification. Lorsque des rayons de lumière directe traversent un preMier rhomboïde A de chaux carbonatée, chacun d'eux se divise toujours en deux; en un rayon ordinaire, et en un rayon extraordinaire. 'Mais telle est la modification que la lumière reçoit des Milieux qui la réfractent doublement, que si les rayons ordinaires et extraordinaires sortis du rhomboïde A de 'Chaux carbonatée, sont reçus sur un second rhomboïde B de 'Fa-Même substance, dont la section principale soit parallèle ou "perpendiculaire à celle du rhomboïde A, tous ces rayons resteront simples en pénétrant dans le second milieu. Maintenant,

un fait bien remarquable, découvert par M. Malus, consiste en ce qu'on peut au -rhomboïde A subsistuer une glace non étamée, et remplacer les'rayons ordinaires 'que ce rhomboïde transmet, par ceux qui se réfléchiront sur cotte glace, sous une inclinaison de 55d 'environ. Ces derniers rayons, pola-e, risés par cette réflexion , arriveront au rhomboïde B, cloués des mêmes propriétés physiques que s'ils avaient subi la ré-

de plusremarquable sous le rapport des nou-

velles connaissances, nous ne devons pas omettre

d'ajouter que cette dernière éditiotratra encore sur les précédentes l'avantage précieux d'offrir des détails qui mettront les-lecteurs à portée de répéter la plupart des expériences. :L'auteur a rendu un véritable service à ceux qui cultivent la physique par goût, endécrivant une suite de petits appareils qu'ils pourront exécuter euxmêmes, ou seprocurer 'à un modique prix. Ces. machines, d'une ingénieuse construction, leur

serviront à s'initier dans l'art du physicien;

elles leur fourniront les moyens (l'amener à leur gré les faits dont ils auront lu les descriptions, et sur lesquels s'appuient nos théories (1). Il est fraction ordinaire en traversant le rhomboïde A. Dans cette expérience, le plan de réflexion faisant l'office de la sectioa principale du rhomboïde A, les rayons dont il s'agit ne se diviseront pas dans le rhomboïde B, si la section principale de ce rhomboïde est parallèle ou perpendiculaire au plan de réflexion; mais, dans h 'premier cas, ils subiront la réfraction ordinaire, et dans le second cas la réfraction extraordinaire. M. Malus a encore produit d'autres effets non moins curieux de lumière polarisée, en se servant seulement de deux glaces disposées d'une manière convenable, et sans faire intervenir aucun corps à double réfraction.

(i) L'usage de ces machines s'applique sur-tout aux trois branches de la physique, où il semblait être d'une plus grande utilité; savoir, l'électricité, le-Magnétisme et la lumière. LeS deux qui font la fonction d'électroscopes se distinguent par des qualités qui leur sont propres , et à l'aide desquelles leur vertu échappe, pendant un temps considéi able, à l'influencé de Vair environnant. Une disposition particulière de l'appareil

magnétique soustrait l'aiguille à la force qui la dirige, et la