Annales des Mines (1863, série 6, volume 2, partie administrative) [Image 216]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

42 0

LOIS,

DÉCRETS ET ARRÊTÉS

pour les contrées qu'elles traversent, n'appartiennent pas aux grandes lignes de navigation intérieure. Les dépenses restant à faire au 1" janvier 18OÙ, pour l'achèvement des travaux décrétés, sont évaluées à 35.a5o.ooo francs. Canaux. — La longueur totale des canaux livrés au commerce est, comme on l'a dit, de U.700 kilomètres. Sur cette longueur, 3.65o kilomètres ont été construits par l'État, ou ont été l'objet de rachats successifs. Le surplus, soit 1,100 kilomètres, sont concédés, savoir 438 kilomètres à perpétuité, et 662 à titre temporaire. Les seuls canaux qui soient actuellement en cours d'exécution sont : Le canal de Marans à la Rochelle, destiné à réunir ce port avec le bassin de laSèvre; le canal des houillères de la Sarre et l'embranchement de Colmar, qui doivent assurer à l'industrie alsacienne une notable économie pour le transport des houilles de Saarbrûck; le canal de Uoubaix, destiné à créer une communication navigable entre le bassin de l'Escaut et celui de la Lys, et à desservir les centres industriels de Roubaix et de Tourcoing; le canal de Vitry à Saint-Dizier, qui ouvrira à l'industrie métallurgique delà HauteMarne une double ligne de navigation sur Paris d'une part, et sur l'Alsace de l'autre ; enfin le canal de la Haute-Seine, qui forme le prolongement, en amont de Troyes, du canal deTroyes à Marcilly. Ces diverses lignes navigables, qui présentent ensemble une longueur de i52 kilomètres, ont reçu en i863, sur le crédit total de 4.Zi3o.ooo francs affecté aux canaux, une allocation de 25.75.000 fr. ; une somme de k millions de francs a, en outre, été appliquée au canal des houillères de la Sarre à l'embranchement de Colmar, au moyen des avances faites par les industriels de l'Alsace, conformément à la loi du 20 mai 1860. Le surplus du crédit de cet exercice a été affecté à l'exécution des travaux d'amélioration des anciens canaux, et notamment des canaux du Centre, de Bretagne, des Ardennes, de la Somme, de Saint-Quentin, de la Haute-Deule. Les dépenses à faire à partir de 186/1, pour l'achèvement des travaux actuellement entrepris pour la construction ou l'amélioration des canaux, sont évalués à i8.4oo.coo francs. Navigation maritime. — La statistique générale des ports maritimes de commerce, publiée en 1839, par l'Administration des travaux publics, comprend 4oo ports dont 86 sont situés dans la Manche, 23i sur les côtes de l'Océan et 85 dans la Méditerranée. Mais un grand nombre de ces ports ne sont que de simples stations de pêcheurs, qui n'ont aucun caractère commercial. Aussi le mouvement de la navigation n'est constaté par l'Administration des finances que

SUR LES MINES.

491

dans 23o ports environ, et 200 seulement participent aux fonds annuels d'entretien. Quant aux crédits extraordinaires, ils ont été appliqués dans la dernière campagne à l'amélioration de 46 ports, et, en outre, aux travaux d'éclairage et de balisage des côtes. Mais ici, comme pour les rivières, la majeure partie des fonds disponibles a été consacrée aux grands ports, qui forment le siège principal de notre commerce maritime. Tels sont les ports de Marseille, du Havre, de Bordeaux, Dunkerque, Cette, Dieppe, Boulogne, Brest, Saint-Malo, SaintNazaire. Le port de Marseille était réduit, jusqu'en i844, à l'ancien bassin limité à une surface d'eau de 29 hectares et a un développement de quais de 2.595 mètres. Ces moyens de stationnement et de manutention des marchandises étaient absolument suffisants pour satisfaire au mouvement maritime, qui s'élevait déjà à 18.293 navires, entrés ou sortis, jaugeant plus de 2 millions de tonneaux. Le bassin de la Joliette, terminé en i855,. a porté la surface d'eau abritée à 5i hectares, et le développement des quais à 4.835 mètres. Mais cette situation n'était pas encore en rapport avec les progrès continus du commerce de Marseille. Le décret du 24 août i85g a prescrit la construction du bassin Napoléon, ainsi que des bassins du Lazaret et d'Arenc, concédés à la compagnie des docks et entrepôts. Ces bassins, qui seront en pleine exploitation dans les premiers mois de \864, porteront à 90 hectares la surface d'eau, et à <).o55 mètres le développement des quais. Cet accroissement considérable n'est cependant pas encore suffisant pour le mouvement des navires, dontle jaugeage s'est élevé, en 1862, à3.473.ooo tonneaux. Le décret du 2gaoût i863 est destiné à améliorer cetétat de choses. Il a autorisé la construction, à la suite du bassin Napoléon, d'un nouveau bassin de 46 hectares de superficie. Il a, en outre, assuré, au moyen d'une concession faite à la compagnie des docks, la création de bassins de radoub, établissements de la plus haute importance pour la navigation à vapeur. Au Havre, la grande écluse de la citadelle et la forme de radoub construite dans le bassin de l'Eure sont prêtes à être livrées au commerce. La première partie de l'élargissement du chenal est terminée, et le brise-lames de la jetée du Nord, complètement achevé, fonctionne de la manière la plus satifaisante. On compte entreprendre la construction d'un second brise-lames à la suite du premier, et l'on s'occupe de préparer le projet d'agrandissement rie l'avant-port, amélioration importante qui est, dès à présent, arrêtée en principe.