Annales des Mines (1914, série 11, volume 5) [Image 8]

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NOTE SUR UNE MISSION EN WESTPHALIE

Pour le noyage de la mine, on installa sur la Lippe, distante seulement de 400 mètres des puits, trois pompes dont le débit total atteignait 33 mètres cubes par minute. Quatre jours après la catastrophe, tous les travaux de montage des pompes et de la tuyauterie étaient terminés et on commençait à envoyer de l'eau dans la mine. Un calcul approximatif avait permis d'évaluer à 350.000 mètres cubes le volume d'eau nécessaire pour noyer les travaux jusqu'à 280 mètres au-dessus du niveau du premier étage. Malgré des avaries survenues aux pompes l'opération de noyage ne dura pas plus de treize jours. Il y a lieu de signaler que pendant le noyage de la mine, le 24 novembre 1908, soit douze jours après la catastrophe, une explosion extrêmement violente se produisit, dont les effets se firent sentir jusqu'aux recettes. On vit sortir une gerbe de flammes du puits n° 1 , tandis que les portes du puits n° 2 et le couvercle en béton, du puits d'aspiration du ventilateur étaient projetés. A la mine de Radbod, où l'étage supérieur de retour d'air était à la profondeur de 718 mètres, on a fait monter le niveau de l'eau jusqu'à la profondeur de 500 mètres, soit à environ 200 mètres au-dessus de la partie supérieure des travaux à noyer. On se proposait par cette mise en charge de faire pénétrer l'eau plus avant dans les travaux en cloche et à l'extrémité des galeries à pente montante, grâce à la compression de l'air dans les parties en cloche. Mais, de l'avis même de M. Hollender et de M. André, cette forte mise en charge ne paraît avoir été d'aucune utilité pratique, et il ne semble pas qu'il y ait intérêt à élever le niveau de l'eau beaucoup au-dessus de l'étage supérieur. D'ailleurs l'objet du noyage de la mine n'est pas d'éteindre les feux par l'action directe de l'eau, mais plutôt de constituer un barrage absolument étanche et d'une efficacité certaine : il paraît donc suffisant en pareil cas de laisser monter le niveau de

NOTE SUR UNE MISSION EN WESTPHALIE

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l 'èau dans les puits jusqu'à 20 ou 30 mètres au-dessus de l 'étage de retour d'air. REPRISE DES TRAVAUX.

Pendant qu'on procédait aux opérations de noyage de la mine, un programme complet de reprise des travaux avait été élaboré et soumis à l'approbation d'une commission composée de représentants de l'Administration des Mines et d'exploitants. Mais, par suite des circonstances, on fut amené à y apporter plus tard certaines modifications. Il est donc superflu de reproduire ce projet, et il suffit d'exposer la suite des opérations de la reprise. Opérations préliminaires. — Lorsque les puits eurent été remplis jusqu'à la profondeur de 500 mètres, on attendit, comme il avait été décidé, jusqu'au 12 décembre (soit quinze jours après la fin du noyage) avant de commencer l 'épuisement. De l'avis commun des ingénieurs que nous avons consultés, il n'y a aucun intérêt à différer les travaux de reprise, bien au contraire, en raison des dégâts considérables causés par l'eau dans les galeries et les chantiers. Après quelques tentatives infructueuses, on adopta la méthode suivante pour déterminer le niveau de l'eau dans le puits. Une sonnerie électrique était intercalée dans un circuit ouvert constitué par l'ancien câble d'extraction d'une part et un fil lesté d'autre part. Dès que celui-ci arrivait au contact de l'eau, le circuit se trouvait fermé et la sonnerie fonctionnait. On mit à profit cet arrêt de quinze jours pour rétablir la galerie du ventilateur et on fit marcher celui-ci pendant 24 heures, afin d'assainir complètement le puits n° 2. On installa ensuite dans ce puits deux colonnes de , tuyaux, l'une pour un aérage soufflant et l'autre pour un