Annales des Mines (1913, série 11, volume 4) [Image 15]

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songé à consulter le cadastre, lequel a été achevé, pour les huit communes intéressées, à des dates variant entre 1809 et 1842; et nous avons eu la satisfaction de constater que ce cadastre figurait comme « mares » (teintées en bleu sur les plans), bon nombre de fosses aujourd'hui disparues. Notre carte figure une cinquantaine de ces « mares »; quelques-unes ne sont sans doute pas des fosses d'anciens travaux; mais il est probable qu'une partie au moins des indications ainsi déduites de l'examen du cadastre peuvent être tenues pour bonnes et utilisées pour des recherches éventuelles. Nous signalerons, par exemple, vers l'extrême est du gisement, sur le territoire de la ferme de « la Saulaie » (commune de la Pouëzë), des travaux anciens aujourd'hui masqués par la culture, où nous avions cru pouvoir reconnaître le passage du filon, mais sans avoir alors songé à recourir au cadastre; or les plans cadastraux nous ont confirmé ultérieurement l'exactitude de nos prévisions, car ils • figurent, en cet endroit, telles qu'elles existaient au moment de la confection du cadastre (1809), trois excavations, bien alignées, et ayant près de 50 mètres de longueur chacune. Les plans cadastraux nous ont encore rendu d'autres services : ainsi, à Ângrie même, comme le montre la planche jointe (fig. 2), ils nous ont permis de reconnaître un décrochement de 250 mètres environ d'amplitude que ne figure point la carte géologique. Effectivement, à l'est-sud-est de la ligne de fosses d'Angrie et dans le prolongement exact de cette ligne, se trouve la ferme de « la Bonnefïllaye », où Danton, dans le manuscrit qui a été l'origine de notre étude, signale qu'il a effectué un petit travail de recherches. Or nous n'avions rien trouvé auprès de cette ferme, que du schiste ardoisier. C'est en consultant le cadastre que nous avons vu immédiatement les fosses correspondant aux travaux anciens, fosses qui sont bien situées dans des terrains dépendant encore de la ferme de « la Bonnefïllaye », mais qui sont rejetées de 250 mètres environ vers le nord; ces fosses s'alignent, avec les fosses (encore existantes) de « Talour », et suivant une ligne parallèle à la ligne des fosses d'Angrie. La fig. 2 montre clairement, à notre avis, l'existence de ce rejet de 250 mètres, dont un examen plus approfondi du terrain permettra sans doute de préciser la situation, en un point compris entre la ferme de « la Bonnefïllaye » à l'est et la route départementale à l'ouest. La carte d'ensemble, où nous avons indiqué l'emplacement des «mares » du cadastre, porte également plusieurs points que nous avons

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marqués les uns B, les autres T. Les points marqués B sont ceux où l'abondance du quartz a fait donner, sur le cadastre, des noms caractéristiques là où cette abondance a été particulièrement remarquée : ainsi, au sud de la ferme de « l'Orberie » (ouest du village d'Angrie), les terres dénommées : « les Pierres blanches » et « les Champs blancs » ; ou encore, au nord de Moisdon, vers l'extrême ouest du gisement, celles qui portent le nom de « les Pièces blanches ». Nous avons figuré par T les points où se voient les vestiges d'anciens travaux, mais sans « mares » portées au cadastre : ainsi les anciens travaux du « Tertre » (nord-est de Moisdon), qui sont en terrain accidenté, et ceux situés à proximité immédiate et au nord du village du Pin. Ces derniers auraient pu passer inaperçus, car les fosses ont été. remblayées et le terrainsoigneiisement nivelé ; mais d'une part ce nivellement est trop parfait pour ne pas apparaître comme artificiel ; d'autre part, une carrière a été rouverte en un coin de ce terrain, etl'on peut vérifier qu'il a été extrait là des sables et graviers, qui ne sont autres que des quartz plus ou moins finement concassés, résidus de traitements des minerais exploités par les anciens. Enfin, des chênes sont plantés en alignement sur une partie de ce terrain ; et comme ils sont au moins centenaires, on s'explique de suite que le cadastre ne figure en cet endroit aucune « mare », puisque le remblayage était déjà effectué depuis longtemps quand ce cadastre a été dressé. En terminant, nous signalerons que notre attention avait été encore attirée par l'existence, à proximité immédiate du bord nord du bassin houiller de la Vendée, de deux fermes portant le nom de « Laurière » et situées respectivement sur les communes de Puy-de-Serre et de Saint-Maurice-des-Noues ; et nous nous sommes demandé si ces noms n'avaient pas leur origine dans l'exploitation par les anciens de petits gîtes aurifères d'alluvion formés aux dépens des conglomérats houillers. On sait depuis longtemps, en effet, que certains conglomérats houillers du Gard sont aurifères, et il n'est pas invraisemblable, quoique ce ne soit pas prouvé, qu'ils renferment des parties exploitables pour or; le même fait, étant donnés les nombreux filons plus ou moins aurifères existant dans l'Ouest et paraissant antérieurs au houiller, pourrait se présenter pour les bassins houillers de l'Ouest de la France. Nous nous sommes fait envoyer des échantillons de conglomérats qui ont été recueillis par MM. les Directeurs des Mines de Faymoreau (Vendée) et Chalonnes (bassin de la Basse Loire), et nous les avons fait analyser. Le résultat de