Annales des Mines (1912, série 11, volume 1) [Image 188]

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EXPÉRIENCES SDR LES POUSSIÈRES DE HOUILLE ET SDR LES MOYENS DE COMBATTRE LEDRS DANGERS

à l'orifice. Ce fut pour l'essai 463 où les conditions étaient particulièrement rigoureuses ; c'est l'un des cas où le gisement était favorable d'abord pour bien amorcer l'explosion, puis moins favorable pour diminuer l'accélération des chasses d'air, puis très favorable à la propagation pour augmenter encore les chances de passage. Avec les coups à balancements, le fonctionnement est différent; les chasses d'air sont beaucoup moins fortes etle soulèvement des matériaux accumulés n'est que partiel. Le taux de soulèvement est certainement supérieur à celui que nous avions constaté pour les planchettes longitudinales ; il est alors de 3/4 ou 1/2, descend quelquefois à 1/3 et s'est abaissé une fois à 1/4. La partie projetée est entraînée moins loin que dans les coups francs, et se retrouve en grande majorité sur le sol depuis l'arrêt-barrage jusqu'à l'orifice, avec peu de rentrées en deçà de l'arrêt-barrage. On a ainsi, sur les 70 derniers mètres de galerie, une schistification assez intensive. L'épaisseur du lit de scories sur le radier atteint de 1 à 4 centimètres, recouvrant en partie les poussières charbonneuses résiduelles sur lesquelles elles ont été précipitées. Cette zone de schistification, qui n'arrêterait sans doute pas une explosion violente, convient pour l'arrêt des explosions lentes, comme c'est le cas ici. Et, en effet, sur neuf coups de poussières à balancements qui ont été réalisés dans ces conditions, il ne s'est produit qu'un seul passage de llamme. Ce fut pour l'essai 453, ralenti par un défaut d'étanchéité du fond. On remarqua à cette occasion que les scories employées avaient été particulièrement grossières; au début de ce groupe d'essais, on avait d'abord utilisé des scories broyées, puis celles-ci manquant un jour, on avait pris des scories grossières telles qu'elles sont jetées au crassier, en mettant toutefois de côté les gros morceaux de la grosseur d'un œuf et au-dessus. Les résultats ayant été favorables, on avait continué ainsi quelque temps jusqu'à cet essai

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453, où, manquant à nouveau de scories, on avait pris les résidus des tas précédents, particulièrement riches en gros morceaux. On a eu soin de recommencer le même essai (454), exactement dans les mêmes conditions, et l'on a obtenu cette fois l'extinction de la flamme avant l'orifice. Ultérieurement, on s'est astreint à ne mettre sur les plates-formes que les cendres plus fines qui passent à travers les grilles du générateur, en évitant d'y mêler les morceaux plus gros de mâchefer enlevés de dessus les grilles. Un vingt-neuvième essai d'arrêt-barrage (493) peut être rapproché des précédents. L'arrêt-barrage était placé un peu plus loin, de la cote 165 à la cote 175. Ce fut un coup violent et la flamme fut coupée. D'autres essais avaient été faits antérieurement en plaçant l 'arrêt-barrage encore plus près de l'orifice, commençant à 170 mètres seulement, avec plates-formes espacées de 2 ou 5 mètres, ce qui laissait une zone d'extinction trop réduite, entre l'arrêt-barrage et l'extrémité de la galerie. Aussi eut-on trois passages de flamme, sur six essais. Arrosage concentré par accumulation d'eau dans des bacs disposés transversalement sous le plafond de la galerie. — En présence des intéressants résultats obtenus avec les arrêts-barrage s formé s de matériaux solidesincombnstibles, on a cherché si l'on obtiendrait les mêmes effets avec des accumulations d'eau. On s'est rappelé en même temps que le pouvoir extincteur de l 'eau était supérieur à celui des poussières incombustibles solides, et l 'on a disposé une accumulation d'eau trois fois moindre que celle de cendres, à savoir 250 litres pour une galerie de 2 m2 ,80de Action, soit 90 litres par mètre carré de section de galerie . Ces 250 litres ont été divisés en dix bacs de 25 litres placés sur les mêmes plates-formes qui servaient pour les