Annales des Mines (1910, série 10, volume 18) [Image 14]

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EXPÉRIENCES SUR LES POUSSIÈRES DE HOUILLE

un ventilateur V (« aéro-moteur» n° 5 de Galland\ mû par l'air comprimé. Ce système de buses comporte quatre orifices désignés par les lettres A, B, C, D ; les ouvertures sont fermées, au moment de chaque essai, par des feuilles de papier fort, maintenues en B par une ficelle, en A, C et E par des cercles cornières mobiles emboîtés sur les bouts mâles. Les ouvertures étant closes, si l'on met en marche le ventilateur, l'air contenu dans l'appareil circule en un circuit fermé, suivant les flèches figurées sur le croquis ; avec l'admission moyenne d'air comprimé généralement pratiquée au cours des essais, la vitesse de l'air est de 4 à 5 mètres par seconde. On a soin de n'opérer que sur des poussières assez fines pour rester en suspension dans un courant de cette vitesse; l'expérience a montré que les poussières passées au tamis n° 200 satisfaisaient généralement à cette condition. La poussière est versée dans le courant d'air, toutes ouvertures closes, par la trémie E ; la chute de la poussière est réglée à la main, de manière qu'elle ne tombe pas par paquets et qu'elle se répartisse uniformément dans le courant. Ce chargement dure de 15 à!50 secondes suivant la quantité à verser; pendant ce temps, l'air parcourt de 5 à 50 fois le circuit fermé ; les remous créés par la circulation de l'air et par les ailes du ventilateur assurent au nuage poussiéreux l'homogénéité désirable. La densité du nuage est déterminée par le poids de poussières introduit dans l'appareil. La capacité de céluici est de 4 m3 ,325; ainsi, pour mettre en suspension 111 grammes de poussières par mètre cube, il faut en verser 475 grammes. Les charges introduites ont varié, suivant les essais, de 50 grammes à 4 kilogrammes. L'inflammation est produite par la détonation, au moyen d'une amorce électrique, d'une certaine charge

ET SUR LES MOYENS DE COMBATTRE LEURS DANGERS

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d'explosif placée sans bourrage dans la gueule d'un canon que l'on approche de l'une des extrémités A ou B du tube d'essai, jusqu'à toucher le papier obturateur. On s'est servi, comme canon, des fragments d'un ancien arbre de machine d'extraction, en fer. Un trou de mine de 0 m ,040 de diamètre, de 0 m , 160 de profondeur, cstforédans l'axe. La dynamite, à la charge d'une demi-cartouche, a vite fait de ronger le métal, d'élargir le trou de mine et de fendre le canon; celui-ci est hors d'usage au bout d'une cinquantaine de coups. Le frettage allonge un peu la durée. Le canon est monté sur truck; il recule de quelques centimètres à chaque coup ; il est remis en place après chargement. On provoque l'inflammation, sans suspendre la marche du ventilateur, dès que les opérateurs, après avoir versé les poussières, se sont placés en observation,, à une quinzaine de mètres du tube d'essais, face aux fenêtres. Les effets sont les suivants : qu'il y ait ou non inflammation de poussières, les quatre feuilles de papier sautent. Quand il n'y a pas dépoussières dans le tube, la demi-cartouche de dynamite produit une flamme très rapide, d'observation difficile, que l'on ne voit pas toujours, et qui n'apparaît qu'aux deux premières fenêtres. Quand il y a des poussières dans le tube, les effets sont parfois identiques ; on dira alors qu'il n'y a pas d'inflammation. D'autres fois une flamme d'un rouge plusou moins sombre progressant plus ou moins vite, s'avance jusqu'à la troisième, quatrième ou cinquième fenêtre, ou même sort du tube par l'extrémité opposée à celle du canon. L'outillage faisant encore défaut pour la mesure des vitesses de propagation des flammes, on appellera flamme rapide celle que, dans les conditions d'observations indiquées, on ne peut suivre des yeux, et flamme lente, celle dont on peut suivre facilement la progression d'une fenêtre à l'autre ; enfin certaines flammes sont très lentes et il s'écoule un