Annales des Mines (1910, série 10, volume 17) [Image 96]

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LES GISEMENTS MÉTALLIFÈRES DE L'ALGÉRIE

C.

— GÎTES DE MERCURE.

J'ai été conduit à décrire plus haut les gîtes de Bir heni Salah et de Taghit, dans lequel le cinabre joue un certain rôle. Il me reste à dire quelques mots de ceux de Ras el Ma (137) et de Souaba (438), oit ce minéral se rencontre aussi. Les premiers sont situés dans la partie Est de la Kabylie de Collo; ils sont encaissés dans l'éocène supérieur constitué par des calcaires bréchoïdes, des marnes et des grès; le cinabre, presque toujours mélangé à de l'argile, forme des veinules ou même de véritables imprégnations dans les marnes et les grès ; il est parfois accompagné de quartz et d'un peu de barytine et de calcite; on a aussi signalé de la galène et de la stibine, mais en très faibles quantités. La mine a été exploitée peu activement de 1861 à 1871, puis de 1892 à 1896 ; dans les deux périodes, on a effectué sur place la réduction du minerai; les rendements obtenus ont toujours été très peu élevés (de 0,40 à 0,80 p. 100). Situés au Nord-Ouest de Clairefontaine, les gîtes de Souaba sont à la limite des deux régions que j'ai appelées plus haut « monts de la Medjerda » et « monts de Tébessa » ; les collines où on a rencontré leurs affleurements sont constituées par des assises marno-calcaires du cénomanien ; celles-ci sont traversées en tout sens par de fort nombreux filonnets de calcite à structure bacillaire que, par places, accompagnent des minéraux divers : de la blende, de la smithsonite, de la galène et du cinabre. Cette dernière, espèce minérale avait, d'abord, attiré l'attention des chercheurs; mais, pour le moment au moins, il semble que les minerais de zinc présentent plus d'importance que ceux de mercure. Des travaux de recherches déjà fort développés

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ont été jadis effectués au djebel Souaba; d'autres sont encore en cours d'exécution. D.

— GÎTES D'ANTIMOINE.

Outre celui de Hammam N'Baïl dont il a déjà été parlé, trois gisements d'antimoine ont été exploités : ceux du djebel Taya (139), de Hamimate (140) et de Sanza (141). Le djebel Taya est un des massifs qui, prolongeant vers l'Est la chaîne numidique, bordent au Nord le bassin de Guelma. La partie la plus haute de la montagne est constituée par des calcaires qui, d'après M. J. Blayac, font partie du barrémien inférieur ou de l'hauterivien (*); des marnes les entourent, que l'on doit rapporter soit au crétacé inférieur, soit au crétacé supérieur, soit, enfin, à l'éocène supérieur; à ce dernier système appartiennent aussi des grès en bancs puissants. Les gîtes de Taya sont de deux sortes : ou bien ils sont encaissés dans les calcaires barrémiens, ou bien ils sont situés au contact de ces calcaires et des marnes qui les environnent. Dans le premier cas, la minéralisation se trouve dans des joints de stratification et dans des fissures transversales voisines de la verticale; des enrichissements ont naturellement été constatés à la rencontre des cassures et des plans de séparation de couches; enfin, il existait aussi du minerai sur les parois de grottes creusées dans les calcaires. Dans le second cas, outre les gîtes de contact, le minerai formait aussi souvent des sortes de stockwerk dans les marnes, mais sansjamais s'éloigner notablement du contact. On a constaté l'existence de tels gisements surtout le pourtour de la montagne. {*) J. BLAYAC, Note sur l'existence de formations récifaies à la base du barrémien inférieur au djebel Taya el au djebel Debar, près Guelma {B. S. G. F. 4- série, VIII, p. 73).