Annales des Mines (1910, série 10, volume 17) [Image 97]

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Le minerai essentiel est la stibine souvent épigénisée en stiblite; les gîtes de la première catégorie renferment en plus du cinabre formant enduit sur le sulfure d'antimoine ; l'arsenic existe dans tous les échantillons, mais en faible proportion. Quand le minerai est encaissé dans lecalcaire, il se présente en longues aiguilles isolées ou enchevêtrées entre elles ; il est alors accompagné d'un calcaire blanc, saccharoïde, nettement différent de la roche stérile grise et compacte; avec cette gangue., on rencontre fréquemment de la barytine, quelquefois du quartz; dans un rapport de service de 1848, on cite des échantillons à gangue feldspathique ; d'autres montrent des aiguilles de gypse d'un blanc de neige. Dans les gîtes de contact, la stibine se trouve en boules à structure rayonnée dont quelques-unes ont atteint jusqu'à 200 kilogrammes. La gangue la plus fréquente est un calcaire carié ; mais la barytine n'est pas rare. Enfin, dans les filonnets des marnes, la gangue est une boue argileuse noire, encore assez riche en antimoine. La mine de Taya, concédée en 1891, a souvent été en chômage et n'a jamais été que peu activement exploitée; on peut estimer la production annuelle moyenne à 158 tonnes d'un minerai à 48/50 p. 100 d'antimoine, environ. Les gîtes à' Uamimate et de Sanza sont tous deux situés dans la partie Sud-Ouest de la région de la Chebka de Sellaoua ; ils sont encaissés dans le gault constitué par des marnes avec bancs intercalaires de calcaires et de grès; ce sont, au premier point, des filons en chapelets; les colonnes riches, dont la section horizontale atteignait parfois plusieurs centaines de mètres carrés, étaient séparées par des étranglements presque complets; à Sanza, les veines, orientées à peu près N. E.-S. W., étaient de puissance plus régulière, mais toujours faible ; 40 centi-

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mètres étaient un maximum; par places, dans les deux gîtes, le minerai est aussi disséminé dans la . marne encaissante. Au djebel Hamimate, le produit dominant est la « sénarmontite compacte, blanche ou grise, translucide ou absolument opaque, à cassure conchoïdale, pierreuse » ; parfois des blocs sont formés par l'enchevêtrement de gros cristaux octacdriques et ces cristaux se montrent aussi soit dans les cavités de masses de stibine cotonneuse, soit noyés dans la marne; l'antimoine oxydé est souvent accompagné de stibine en très fines aiguilles noires ou de kermésite en aiguilles rouges; il est, par endroits, partiellement transformé en stiblite (*). On a aussi signalé comme minéral accessoire un arséniate de fer qui, d'après la description qu'on en trouve dans les rapports anciens, doit être l'arséniosidérite. Les travaux récents ont montré qu'en profondeur la stibine se substituait au moins partiellement à la sénarmontite. Il y a lieu de signaler que la smithsonite très antimonieuse ou forme des petits gîtes distincts de ceux de la sénarmontite ou se rencontre dans les mêmes gisements que cette dernière espèce minérale; certains échantillons de celles-ci sont d'ailleurs plombifères. Enfin un filonnet de cinabre voisin a été l'objet de quelques fouilles ; il contient, en affleurement, du minerai assez riche, mais paraît peu étendu en direction; un peu de sulfure de mercure est aussi mêlé au carbonate de zinc. Depuis leur concession (1854), les mines d'Hamimate ont passé par des alternatives d'activité et de chômage; mais, à aucun moment, leur production n'a été importante ; on peut estimer qu'en moyenne (**), on n'a pas (*) A. LACROIX, 1" fasc, p. 13.

Minéralogie de la France et de ses colonies, t.

III.

(**) La moyenne ne porte que sur les quinze années durant lesquelles la mine a été active. Tome XVII, 1910.

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