Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 178]

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LA CATASTROPHE DE COURRIÈRES

et son ventilateur renais en marche. Les ventilateurs du n° 2 et du n° 4 furent arrêtés et ces puits furent ouverts. Il y avait donc quatre entrées d'air, les n os 2, 10, 4 et il, et une sortie au centre, le n° 3. On espérait créer des courants d'air frais entrant aux deux extrémités des travaux sinistrés, par les n os 2-10 et 4-11, et permettant aux sauveteurs de s'avancer avec l'air frais dans le dos, on chassant devant eux les gaz méphitiques, au lieu de recevoir ceux-ci en face, comme précédemment. Mais le 12, à midi, on constata qu'il ne s'était pas encore établi de courant descendant régulier au n° 2. En conséquence, les puits n" 10, 11 et 4 furent fermés et le ventilateur du n° 4 remis en marche ; il ne restait donc plus comme entrée pour l'air et pour les sauveteurs que le puits n° 2 sur lequel tiraient les puits n os 3 et 4. A six heures du soir, le 12, le courant descendant étant bien établi au n" 2, on put y descendre et pénétrer dans les travaux de Joséphine 340. L'équipe de sauveteurs westphaliens, arrivée dans l'après-midi, prit part à cette première descente sous la haute direction de M. le Bergmeister Engel. L'avant-garde de cette exploration était formée par un ingénieur français sans appareil, accompagné de deux sauveteurs westphaliens armés d'appareils Shamrock et prêts à lui porter secours en cas d'indisposition. Ce cas ne se présenta pas ; mais la présence des sauveteurs n'en constitua pas moins un secours moral très sérieux. 11 fut possible, dès ce premier soir, de s'avancer jusqu'en haut du quartier, au voisinage des dépilagës ; on y remarqua des fumées blanches. Les deux jours suivants, 13 et 14, on continua l'exploration de ce quartier et celle de Sainte-Barbe. La plus grande partie des cadavres qui s'y trouvaient furent remontés ; grâce à leur appareil respiratoire, les Westphaliens purent rendre de grands services dans la manipulation des cadavres, dont l'abord

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était déjà fort pénible. Le 15 au matin, on découvrit un feu en haut du quartier, près de la faille Connétable. A partir de ce moment la marche en avant fut arrêtée, et les efforts durent se concentrer à la lutte contre le feu, entreprise d'abord au moyen de barrages, puis à la lance. L'arrosage commença le 20 mars ; il continua jusqu'au 20 juin, date à laquelle le feu put être considéré comme définitivement éteint. L'attaque du feu fut faite au début avec l'aide des sauveteurs westphaliens et des pompiers parisiens, ceux-ci sous les ordres de M. le capitaine de Salle de Hys, qui alternaient par postes à la surveillance et à la mise en place des lances d'arrosage. Après le départ des Westphaliens, à la fin de mars, ils furent remplacés par des mineurs de Courrières formés à l'emploi de leurs appareils. Au plus fort de la lutte contre le feu, sortirent, le 30 mars, à huit heures du matin, les treize « rescapés » du n° 3. Immédiatement une exploration complète du n° 3 fut commencée. Elle prit quatre jours, du 30 mars au 2 avril inclus. Il fut possible de pénétrer dans presque tous les quartiers, mais non de s'avancer partout à front à cause des gaz méphitiques qui y séjournaient. Le puit n° 4 ne put être rouvert que le 2 avril, car la machine avait été démontée pour réparation. L'exploration commença dans la nuit du 2 au 3 et se continua le 3 avril. Le 4 au matin, un quatorzième à rescapé ». Berthon, sortit à son tour par les travaux de 331. Les recherches dans les quartiers non encore explorés furent poursuivies sans donner de résultai. Le quartier de Joséphine 299 Nord-Est, dont l'accès était bouché par des éboulements serrants et qui était rempli de gaz méphitiques, ne put être abordé que le 15 avril. On en tenta 1 exploration complète le 18 au moyen d'une équipe munie d'appareils respiratoires. Un des hommes de cette équipe, muni de l'appareil Draeger, mourut au cours de