Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 75]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

146

147

COMMISSION DES SUBSTANCES EXPLOSIVES

RAPPORT SUR L'ÉTUDE DES RATÉS DE DÉTONATION

une flamme. Ils retournèrent sur leurs pas, attendirent encore dix minutes et revinrent au chantier. Ils y virent des flammes courtes, disséminées sur une superficie d'environ 1 mètre carré, dont quelques-unes paraissaient sortir du front de taille par les cassures produites dans le charbon par le coup de mine. Les deux ouvriers allèrent chercher un seau d'eau et le jetèrent sur le feu, qui s'éteignit. Ils constatèrent que le charbon abattu, sur lequel ils avaient vu des flammes, était très chaud. On ne trouva au chantier aucune cartouche ou résidu de cartouche. Les coups de mine avaient bien travaillé et n'avaient pas laissé de culot. On peut se demander si, dans ces derniers cas, les flammes aperçues n'étaient pas dues à quelques petits soufflards de grisou produits par l'explosion et allumés parle tir des coups de mine. En ce cas, ce qui s'est passé le 7 août 1905 pourrait ressembler beaucoup à ce qui s'est passé le 4 novembre 1904 (Renseignements extraits de l'avis de l'Ingénieur en chef des mines d'Alais, en date du 20 octobre 1905).

« 3° Indiquer, parmi ces derniers, ceux qui offriraient le plus de sécurité au point de vue des transports et fixer, si possible, les conditions susceptibles d'augmenter à ce point de vue la stabilité des explosifs, par exemple pour les grisoutines, en précisant le minimum du rapport qui doit exister entre le coton nitré et la nitroglycérine. »

Avis de la Commission du grisou. — Dans sa séance du 12 décembre 1905, la Commission du Grisou a émis l'avis suivant : « Il y a lieu de transmettre le dossier de l'affaire à la Commission des Substances explosives en la priant de vouloir bien entreprendre et poursuivre des essais en vue d'élucider les points suivants : « 1° Rechercher les. circonstances dans lesquelles certains explosifs de sûreté, et notamment ceux au nitrate d'ammoniaque, peuvent donner lieu à des déflagrations fusantes au lieu d'une détonation proprement dite ; « 2° Déterminer, parmi les différents mélanges employés actuellement comme explosifs de sûreté, ceux qui présentent le moins d'aptitude à ces déflagrations fusantes ;

Retards de détonation des grisounites. — Des retards de détonation des cartouches de grisounite-couche Favier (azotate d'ammoniaque, 95,5; trinitronaphtaline, 4,5) ont été signalés en 1891 et 1896. La Commission du Grisou a présenté, sur cette question, deux Rapports datés du 20 mars 1896 et du 18 janvier 1899. Ces accidents doivent être rapprochés de ceux qui ont été signalés depuis, dans l'emploi des grisoutines; pour les expliquer, il semble en effet nécessaire d'admettre que l'explosif au nitrate d'ammoniaque a subi un commencement de décomposition fusante . L'explication que la Commission du Grisou avait admise a priori consistait à supposer : 1° Que, par suite de défectuosités de l'amorce ou de l'amorçage, une charge de grisounite pouvait s'enflammer et fuser lentement dans le trou de mine, suivant un mode de décomposition comparable à celui qui se produit lorsque les dynamites et le coton-poudre comprimé brûlent à l'air libre, par suite d'une inflammation directe ou d'un raté de détonation; 2° Que, par suite de circonstances amenant éventuellement un accroissement de pression, cette décomposition fusante pouvait se transformer subitement en décomposition explosive. La Commission du Grisou fit procéder à des expériences par les Ingénieurs de la Poudrerie d'Esquerdes. Tout en reconnaissant, dans le Rapport qui résume ces expériences, que la seule explication des prétendus retards des