Annales des Mines (1904, série 10, volume 6) [Image 237]

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TRAVAUX. DE LA COMMISSION ANGLAISE

en quantité prédominante dans certains bassins (*). La nécessité d'exploiter les couches minces se fait donc de plus en plus pressante, si l'on veut éviter de descendre trop rapidement aux grandes profondeurs. Or le recrutement des ouvriers pour travailler dans ces couches présentera certainement de graves difficultés, auxquelles on compte remédier en employant des haveuses. Sur leurs avantages, les avis produits à l'enquête de la « Commission on Goal Supplies » sont assez partagés en apparence ; en réalité, il est possible de dégager de leur comparaison une opinion nette, à savoir que l'emploi de ces machines n'est réalisable que dans les couches de faible inclinaison, d'épaisseur constante et d'allure parfaitement régulière, mais que sous ces réserves (et on sait que ces conditions sont plus fréquemment réalisées dans les Iles Britanniques qu'ailleurs) il est possible grâce à elles : d'augmenter la proportion de gros et, par suite, la valeur marchande du produit, d'augmenter notablement la production par tête d'ouvrier (*'), et parfois de réduire ainsi le prix de revient. — Il est donc singulièrement tentant, sinon de les adopter définitivement, tout au moins de faire des essais ; mais, comme le fait remarquer M. Gerrard dans sa déposition déjà citée, la dépense de premier établissement est élevée : 5.000 à 10.000 francs pour la machine, et beaucoup plus pour la production et la transmis(*) La Commission de 1866 a évalué à 50 p. 100 pour le Northumberland, à 33 p. 100 pour le Cumberland, 'la proportion, relativement au tonnage total, du tonnage existant dans les couches de 0"',30 à 0 m ,90. (Voir Lozii, Les chaînons britanniques et leur épuisement.) (**) On consultera utilement à ce sujet, en outre des travaux de MM. de Gennes, Defline, etc., les procès-verbaux d'enquête de la «Royal Commission on Coal Supplies », et notamment les dépositions de MM. Gerrard, Gibb et Mac Creath. Ces deux derniers déclarent formellement avoir obtenu des abaissements notables de prix de revient; les autres sont beaucoup moins catégoriques sur ce point, mais insistent sur l'amélioration de qualité obtenue, grâce à la faible hauteur de l'entaille faite par la haveuse (0'",10).

DE

L'ÉLECTRICITÉ

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sion d'énergie du jour à la machine : une installation d'air comprimé, avec toutes les conduites, constitue une forte dépense, et on est très peu habitué à immobiliser d'aussi fortes sommes en outillage d'exploitation. L'électricité apporte au problème une solution économique : les lignes pour la transmission sont peu coûteuses, faciles à poser, même dans les chantiers et galeries de faibles dimensions ; les appareils participent de cette facilité de pose; de plus, les conducteurs conservent la plus grande partie do leur valeur après un court usage ; si l'on joint à cela que l'existence de sociétés livrant l'énergie à tant le kilowatt dispense les exploitants d'immobiliser euxmêmes les capitaux nécessaires à l'établissement d'une station génératrice, on conçoit que la possibilité d'employer l'électricité puisse faciliter beaucoup les essais de ce genre. La faculté d'employer les haveuses électriques présente ainsi un intérêt de premier ordre aux yeux des exploitants, dont certains, décidés à ne pas s'en tenir aux installations puissantes de pompes ou de traînage concentrées à la recette inférieure des puits ou aux abords immédiats des galeries maîtresses, ce qui est en somme le seul mode d'emploi de l'électricité qui se soit jusqu'ici vraiment généralisé, voient déjà le fluide bienfaisant distribué, par des canalisations ramifiées à l'infini, dans tous les travaux, se substituant à l'ouvrier pour tout, même pour le chargement (*), et répandant partout, magiquement, la lumière et la vie. A côté de la condition essentielle d'enveloppement, la Commission a reproduit quelques conditions de détail qui se trouvent inscrites dans la plupart des règlements étrangers : limitation de l'élévation de température de (*) Voir Colliery Guardian. 26 février 1904 (conférence de M. P. Beaumont).