Annales des Mines (1904, série 10, volume 6) [Image 208]

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NOTICE SUR LES TRAVAUX RÉCENTS

2° Poudingues, grès et schistes du Djebel-Kahar [Permien). — Cette assise, étudiée dans le Djebel-Doui (feuille de Carnot) par M. Brives, se compose de poudingues à éléments, siliceux et de schistes violacés, parfois micacés ; aucun fossile n'y a été rencontré. Dans la feuille de Nemours, M. Gentil, qui a délimité cette formation, n'y signale aucune observation nouvelle pouvant en préciser l'attribution. 3° Le Carboniférien et le Permien (?) dans la chaîne du Djurdjura. — On se rappelle qu'au cours des excursions en Kabylie, lors de la réunion de la Société géologique de France en Algérie, en 1896, M. Marcel Bertrand, s'appuyant sur l'impression de plusieurs des membres participants, émit l'opinion (*) que les schistes et grès micacés avec lits de phtanites et traces charbonneuses, de la montée du col de Tirourda, représentaient le carboniférien, surmonté par les poudingues rouges à aspect permien et les grès rouges du faciès triasique. Cette interprétation est adoptée sans réserve par M. Ficheur, à la suite de ses observations, faites en 1903, dans le Djurdjura central, où les relations stratigraphiques ne peuvent laisser aucun doute sur l'antériorité des schistes argileux aux poudingues et grès rouges, et, par suite, de cette dernière assise au lias. Ainsi disparaissent les anomalies résultant de l'attribution aux terrains secondaires de schistes à faciès paléozoïque et se confirment les assimilations établies d'après l'analogie de faciès avec les formations analogues du Nord de la Méditerranée. La compétence indiscutée de M. Marcel Bertrand a provoqué ainsi la solution de plusieurs questions délicates de stratigraphie dans la géologie de l'Afrique du Nord, concernant le trias, le permien et le carboniférien. (*) Bulletin de la Société géologique de France, t. XXIV, p. 1135 et suiv.

DU SERVICE DE LA CARTE GÉOLOGIQUE DE L ALGÉRIE

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M. Ficheur, qui avait recherché, dans de nombreuses courses au Djurdjura, la solution de cette question controversée, avait cru pouvoir appuyer son opinion sur la présence de galets de calcaires liasiques dans des poudingues rouges intimement liés aux grès rouges, ainsi qu'il l'a signalé à la Société géologique le 20 juin 1898. Il a reconnu depuis, sur d'au très.points, que des grès rouges et bruns, sans fossiles, se trouvent intercalés dans les assises de l'éocène moyen (étage infra-nummulitique) et peuvent prêter à confusion. En outre, la tectonique complexe de l'axe de la chaîne du Djurdjura met souvent en contact les grès et schistes avec les assises éocènes, par suite de l'arasement des calcaires liasiques, sur les voûtes anticlinales, avant les dépôts nummulitiques. L'hypothèse adoptée par M. Ficheur de l'antériorité des calcaires liasiques aux grès rouges et aux schistes avait été fortement ébranlée par la constatation faite par lui, en 1899, lors de la réunion de la Société géologique de la Montagne-Noire, de l'analogie de faciès des schistes à lydienne du Dinantien de la région de Roquebrun. De plus, M. Ficheur avait rencontré, en 1900, dans le trias au nord d'Aïn-Kerma (feuille de Constantine), des lambeaux de grès rouges identiques à ceux du Djurdjura, et inclinait à partager au sujet de ces grès rouges l'opinion de M. Bertrand. Les dernières constatations dans la partie centrale du Djurdjura au-dessus du village de Tigmounine (Béni-bouAkkach) ont permis de reconnaître que les grès rouges et poudingues s'étendent manifestement au-dessus des schistes noirs, et que les poudingues rouges renferment des fragments volumineux de lydienne et de schistes incontestablement repris à la formation sous-jacente. L'antériorité des schistes, ainsi démontrée, s'est confirmée par la présence d'un noyau de schistes au centre d'un bombement anticlinal de grès rouges, qui se montrent