Annales des Mines (1903, série 10, volume 3) [Image 100]

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RICHESSES MINÉRALES DES POSSESSIONS RUSSES

et micaschistes, forment l'ossature principale du Pamir, des monts Célestes et deleurs prolongements. Ils constituent aussi le massif important des monts Alaï. Les terrains de transition sont aussi représentés dans l'échelle, mais ils sont loin d'y occuper une place prépondérante. La majeure partie des combustibles fossiles connus jusqu'à ce jour, dont je parlerai plus loin, sont des charbons secs ou des lignites dépendant du terrain crétacé. C'est aussi dans ces derniers terrains que se rencontrent les gisements de pétrole et d'ozokérite, qui n'ont été jusqu'à ce jour l'objet que de recherches rudimentaires, malgré la multiplicité des points sur lesquels on a déjà signalé la présence de ces hydrocarbures. Gisements d'or. — Quant àl'or, les gisements qui ont fait l'objet de mon étude sont uniquement constitués par des dépôts alluvionnaires éocènes, remaniés eux-mêmes depuis l'époque de leur formation jusqu'à nos jours par des phénomènes de dénudation et de concentration successives dans le thalweg des vallées. Le gisement primitif du métal précieux se trouve certainement dans les terrains cristallins, associé avec des venues de roches dioritiques ou basiques, dont il subsiste de nombreux témoins dans les conglomérats aurifères déposés au pied du Pamir. Les actions glaciaires ont de toute évidence, à mon avis, joué un rôle prédominant dans la formation des conglomérats, et la forme actuelle des vallées porte aussi des traces indéniables des actions puissantes dues à l'écoulement des glaciers. Cette opinion est aussi celle qui résulte des études faites tout récemment et tout à fait en dehors de moi, sur une autre partie des chaînes bordières du Turkestan. Pendant l'été 1902, une expédition scientifique organisée par l'Université de Tomsk et dirigée par le D r Sapojnikoff, de Tomsk, accompagnée de six naturalistes, dont

EN ASIE CENTRALE

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le D 1' Max Friederichsen, de Hambourg, l'auteur d'une monographie appréciée du Tian-Chan (*), a exploré la partie centrale du Tian-Chan. Partant de Prjevalsk (rive Est de l'Issyk-Koul) et se dirigeant vers l'Est, la Mission suivit la vallée duTurgenAksou, passa, ensuite, le col de Kara-Kir (4.055 mètres), visita les vallées de l'Ottouk et du Kulou, puis le bassin de lTrtach ; enfin, par les cols Tretky et Ichigart, elle parvint à la dernière crête du Tian-Chan au-dessus de la cuvette du Tarim. Après cette pointe au Sud, les explorateurs revinrent dans la vallée du Kulou pour entamer la reconnaissance du Khan-Tengri, et, à cet effet, s'établirent au débouché de l'Achou-tor et du Sary-dchass, à l'altitude de 3.500 mètres environ. Cette exploration terminée, la caravane escalada la passe du Farynkol (plus de 3.900 mètres) et se dirigea vers l'Alataou dzoungarien ; finalement, le 29 août, elle arrivait à Tcharkent, dans le Semiritché. D'après les observations de la Mission, l'altitude du Khan-Tengri est de 6.870 mètres et non de 7.800, et celle du pic Edouard (du D 1' von Almassy) <lc 5.200 mètres. Dans la région explorée, la glaciation a une très grande extension et revêt encore une très grande puissance. Concernant le développement de ce phénomène à l'époque actuelle et son intensité passée, M. Friederichsen rapporte des documents cartographiques et des observations très curieuses. Dans la vallée supérieure du Turgen-Aksou, le levé de six grands glaciers, dont l'extrémité inférieure s arrête à 3.500 mètres, a été exécuté au moyen de la photogrammétrie ; dans la région des sources du Terekty, deux autres grands glaciers ont été découverts et cartograPhiés; sept dans le bassin supérieur de l'Irtach ; enfin, dans (*) Morphologie des Tien-Schian (avec carte au 13.000.000), in Zeithriftdes gesellsch. far Erdkunde zu Berlin, XXXIV, 1899. Berlin.