Annales des Mines (1898, série 9, volume 14) [Image 251]

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LA GRÈVE DES OUVRIERS MINEURS

DU PAYS DE GALLES EN 1898

paraissent pas être plus cotiteuses qu'ailleurs. Les redevances au propriétaire du sol sont, comme ailleurs,

se prononcer sur la charge exacte à laquelle elle correspond, qu'après une certaine durée d'application. En faisant une évaluation grossière, on_ arrive à ce résultat que le

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de 5 à 6 pence. Dans ces conditions on arrive à des prix de revient sur wagons que nous croyons pouvoir évaluer, d'après les autres renseignements qui nous ont été donnés, entre 5 schellings et 6 schellings et demi. Ces prix ne comprennent pas les frais d'amortissement, qui, comme partout en Angleterre, sont peu élevés (*). Nous n'y faisons pas entrer non plus les dépenses que causera l'application de la loi sur la compensation des accidents. Enfin, pour comparer les prix de revient aux prix de vente, comme ces derniers sont évalués à Cardiff et sous vergue, il faudrait tenir compte des frais de transport et d'embarquement, frais extraordinairement bas, parait-il.

Nous venons de citer la loi sur la compensation des accidents. On n'ignore pas que cette loi, qui entrait en vigueur le 1" juillet 1898, a fait les frais d'un certain nombre de discours pendant la grève; d'aucuns ont déclaré

que la résistance des patrons provenait notamment de leur intention de faire supporter aux ouvriers le supplément de frais qui résultera pour eux de l'application de cette loi. Quel sera ce supplément de frais ? En réalité; nous croyons qu'à l'heure actuelle On n'en sait trop rien. Les personnes les plus compétentes que nous avons consultées à ce sujet nous ont presque unanimement et sans

hésiter répondu : « 1 penny à 1 penny et demi par tonne ». Sur quoi est basée cette affirmation? Sur des évaluations forcément assez vagues. Carles statistiques d'accidents oit entreraient les accidents causant plus de deux

semaines d'incapacité de travail paraissent faire totalement défaut ; et, si elles existaient, l'application de la loi comporte diverses incertitudes qui ne permettront de (A) Voir plus loin, p. 491 et suiv.

chiffre de 1 penny par tonne n'est pas exagéré et que le chiffre réel doit être compris. entre 1 penny et 2 pence par tonne (*).

Quant aux intérêts et aux amortissements, ils représentent, en général, dans les houillères anglaises, une somme assez faible.

Dans un travail déjà ancien, mais qui, à ce point de vue, peut encore être cité, M. Luyton (Bull. Soc. Ind. Min., 1864) fait ressortir la différence considérable qui (A) Les seules statistiques qui pourraient permettre, à l'heure actuelle,

de trancher la question en se basant sur des faits accomplis, sont les statistiques allemandes ; mais elles seraient insuffisantes en ce qui concerne les victimes d'accidents occasionnant plus de deux semaines d'incapacité de travail. M. Gruner (Charges probables résultant des projets de loi d'assurance contre les accidents) a essayé de dégager des statistiques existant en 1890 quelques données, en prenant notamment pourbases du calcul les statistiques établies par le Service des Mines en 1885, 1886 et 1887. Il s'est placé dans la double hypothèse des projets Ricarcl et Jules Roche,

qui tous deux peuvent être considérés comme plus favorables aux ouvriers que la loi anglaise, puisque, en particulier, ils prévoient en cas de mort des pensions aux veuves, orphelins et ascendants, alors que la loi anglaise ne prévoit que des indemnités une fois payées, variant Or les chiffres par et le reste à l'avenant. de 10 livres à 150 livres, tonne auxquels arrive M. Gruner, sont respectivement de 0 fi'. 17 et 0 fr. 21.

Si les salaires sont plus élevés dans le Pays de Galles qu'en France, par contre la part des salaires dans les prix de revient est relativement moindre, de sorte qu'il y a à peu près compensation. Le chiffre de 2 pence par tonne doit donc être considéré comme un maximum Ce résultat est d'ailleurs concordant avec celui qui résulte des efforts faits dans quelques-uns des bassins anglais pour arriver à l'évaluer a priori. L'intérêt qu'il y avait à faire cette évaluation réside dans ce juillet dernier (date de mise en application) fait qu'il y avait lieu, au de trancher la question du contracling-out, c'est-à-dire de décider si les ouvriers accepteraient les conditions fixées par la loi, ou concluraient, comme la loi leur en donne le droit, des accords particuliers avec les

patrons, sous le contrôle des agents chargés de la surveillance des sociétés de secours mutuels. Ces discussions ont été quelque peu confuses, mais, en tout cas, elle n'ont nulle part, à notre connaissance, mis an jour des chiffres supérieurs à 1 1/2 penny par tonne.