Annales des Mines (1898, série 9, volume 14) [Image 39]

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LE BASSIN CRÉTACÉ DE EUVEAU

LE BASSIN CRÉTACÉ DE FTIVEATJ

retour, et il en serait peut-être de même, dans le Midi, de la faille du Pilon-du-Roi (*).

Les noms de Lambeau de poussée et faille limite. lambeau de poussée et de faille limite sont, comme on sait, dus à M. Gosselet, qui, le premier, a montré la véritable signification de ces phénomènes. Le lambeau de .poussée est maintenant connu et admis comme un élément en quelque sorte normal de la coupe théorique du bassin houiller franco-belge. M. Gosselet, d'ailleurs, en suivant son extension le long du bord du bassin; houiller, a bien montré (**) que le lambeau de poussée n'existe pas par-

tout, et que par sa nature même, et comme son nom l'indique, il est intermittent. Dans le département du Nord

en particulier, il n'existe qu'à l'est, entre Onnaing et la frontière ; dans le Pas-de-Calais (***) on peut peut-être lui attribuer une partie des terrains houillers renversés, au sud de la faille des Plateures, mais il ne reparaît avec" certitude qu'a l'ouest, entre Divion et Auchy-au-Bois. En Belgique, il est surtout bien connu du côté de Charleroi, où les derniers travaux de M. Briart (***) ont jeté un jour nouveau sur sa constitution. Le lambeau de poussée est formé de couches renversées, qui, en général, reposent en discordance sur les -

terrains houillers. -C'est l'absence de cette discordance qui

constitue, pour la région d'Anzin et de Douai, la diffé(*) Ou, pour mieux dire, ce serait l'existence d'un cran de retour

qui déterminerait l'affleurement de la grande faille de charriage le long de la ligne précédemment décrite. Cl L'Ardenne, p. 735 et suiv. ("**) Le Calcaire, signalé à la fosse n° 1 de Courcelles et dans les sondages voisins, avait, il est vrai, été attribué au 'calcaire carbonifère et semblerait alors indiquer la l'existence du lambeau de poussée. Mais les résultats (non encore publiés) de la galerie de Liévin et de l'étude qu'en a faite M. Barrois, ne me seinblent pas permettre de maintenir cette attribution. (****) A. BawiT, Géologie des environs de Fonlaine-l'Évéque el de Landelies. Liège, 1894.

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rence essentielle sur laquelle M. Olry a appelé l'attention. Ainsi que je l'ai suffisamment expliqué dans mon précédent mémoire et dans celui-ci, M. Olry concluait de cette différence .que la grande faille du Midi n'existe plus au sud de Valenciennes, et que le bassin houiller y reprend la forme plus simple.d'une cuvette complète renversée sur ses bords ; j'en conclus, au contraire, qu'une nouvelle complication s'introduit dans la structure, et que, la faille du Midi continuant plus au sud pour reparaître dans le Pas-de-Calais, au lambeau de poussée et en avant de lui s'ajoute une lame dé charriage. Le lambeau de poussée et la lame de charriage ont tous les deux pu amener du calcaire carbonifère en dessus du

terrain houiller en place ; mais l'un fait partie d'une nappe renversée, et l'autre d'une nappe non renversée. En fait, cette première différence fondamentale disparaît localement, parce que les deux nappes ont pu être plissées postérieurement et qu'en particulier le lambeau de charriage montre ses couches retroussées jusqu'au renversement sur le bord méridional ; mais il reste une seconde différence : dans le lambeau de poussée, le calcaire carbonifère est amené par faille, et par conséquent en discordance apparente, sur le terrain houiller ; dans le lambeau de charriage, le calcaire carbonifère et le terrain houiller qui l'accompagne font partie d'un même paquet et sont restés en concordance. La lame de charriage correspond dans le midi au lambeau de Gardanne ; le lambeau de poussée correspond avec évidence à la bande de Simiane. Ici pourtant il y a, semble-t-il, entre les deux régions, une différence qui, sans être fondamentale, mérite qu'on s'y arrête un instant. -La nappe renversée est plissée en Provence, elle ne paraît pas l'être dans le nord. S'il en était ainsi, les compressions latérales auraient continué à agir dans le Midi après le grand phénomène de charriage;