Annales des Mines (1898, série 9, volume 14) [Image 38]

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moins grandes qu'entre la 'seconde et la troisième, pour lesquelles l'assimilation est admise (*), et l'augmentation progressive des intervalles est conforme à ce qui a été observé dans les travaux d'Abscon. Quoi qu'il en soit de cet essai de rapprochement détaillé, auquel je n'attache pas une grande importance, l'homologie du faisceau de Douai et du faisceau d'Abscon me paraissent hors de doute. Le faisceau de Douai va d'ailleurs se coincer à l'ouest, par suite du nouveau rapprochement de la faille d'Abscon et du cran de retour. L'équivalent du pli de Bouc, morcelé en deux lambeaux, peut-être complètement distincts, peut-être seulement séparés par un étranglement, s'étendrait donc de Dourges à Valenciennes.

Quoique je ne veuille pas m'appesantir ici sur le cran de retour, auquel provisoirement je ne vois pas, d'équi-

crois donc que le cran de retour est, comme la faille d'Abscon, un accident qui doit tendre à se remettre horizontal en profondeur; le fait d'ailleurs que les travaux ont montré le rapprochement graduel des deux failles en profondeur est bien conforme à cette idée. Il en résulterait que le cran de retour ne serait pas une faille d'affaissement, au sens précis du mot, :mais une faille de taisement. Ce serait le poids même des masses superposées à des terrains flexibles, comme le sont les schistes houillers, qui en aurait déterminé l'enfoncement local. Je reviendrais ainsi à l'interprétation du cran de retour que j'avais proposée il y a quinze ans, dans un premier essai d'assimilation des phénomènes de charriage des Alpes .avec ceux du bassin houiller franco-belge (i).

valent dans le midi, il m'est impossible de ne pas indiquer

la conclusion qui semble ressortir des développements précédents. M. Chapuis (p. 210) a dit avec raison qu'il serait bien étonnant, si la faille d'Abscon et le cran de retour sont de nature ainsi que d'origine tout à fait dis.' semblables, qu'elles se suivent aussi fidèlement à si faible

distance. L'argument emprunte une nouvelle force à la prolongation des tracés, telle que je l'ai indiquée ; on voit en effet que les deux, failles sont également affectées par le décrochement de Douai. Or, quelque signification qu'on prête à cet accident, il semble évident qu'il est postérieur aux grands charriages, et qu'il n'aurait pas laissé subsister le parallélisme apparent de deux failles, dont l'une aurait été- verticale, et l'autre sensiblement horizontale (**). Je (*) OLRY, p. 389 et 390.

(**) Ceci demanderait quelques explications plus détaillées, dans les-

quelles je ne pourrais entrer ici sans sortir de mon sujet. Je traiterai la question plus complètement dans une note que je compte prochainement donner sur la structure du bassin du Pas-de-Calais.

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f

(ce,

Hypothèse relative au cran de retour. p, faille d'Aime«. Cr (ligne pointillée), Cran de retour. -- f, (position primitive). limite. H, houiller inférieur.-- C, calcaire carbonifère.

FIG. 21.

La figure ci-jointe (fig. 21) montre comment je comprendrais ce phénomène de tassement, et la forme d'ensemble qu'il suppose polir la surface du cran de retour.

On voit que, si l'on adopte cette explication, il peut y avoir plusieurs crans 4e retour au-dessous d'une même nappe de charriage, et que leur position n'a aucune relation nécessaire a priori avec les différents phénomènes secondaires liés au charriage. C'est 'ainsi que la faille de

Ferques, dans le Boulonnais, pourrait être un cran de (*) Rapports de structure des Alpes de Glaris et du bassin houiller du Nord, Bull. Société géologique, 3° série, t. X1I, p. 318 (1884).