Annales des Mines (1897, série 9, volume 12) [Image 308]

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608 NOTE SUR LES SOURCES MINÉRALES DE POUGUES

protection fut demandée et obtenue par décret du 30 juin 1892; ce périmètre, d'une étendue de 74.6 hectares, est limité à peu près aux failles décrites ci-dessus, de façon que dans le lambeau continu de terrain où jaillissent les sources, aucune recherche nouvelle n'a été

entreprise, et ne le sera à l'avenir sans qu'il ait été reconnu qu'elle est sans inconvénient. Toutes les eaux minéRégime des eaux minérales. rales de Poupes jaillissent du calcaire à entroques bajocien, comme aussi d'ailleurs celles de Fourchambault. Celles qui arrivent au jour naturellement (Saint-Léger, Ancienne Source) traversent les marnes imperméables superposées au calcaire à la faveur de cassures remplies de sables granitiques plus ou moins argileux ; les autres, auxquelles un chemin artificiel a été frayé au moyen de sondages, proviennent du même niveau géologique (Alice, Bert, Jeanne-d'Arc, Grande-Source, Saint-Léon). Acces-

soirement, des venues de gaz peu abondantes ont été constatées au-dessous du calcaire, dans des plaquettes calcaires intercalées au sommet du lias (Saint-Léon, à 8 et 16 mètres au-dessous du calcaire environ), ou au-dessus (Bourgneuf, à 25 mètres du sol, soit à 35 mètres au-dessus du calcaire, probablement dans la faille de Pougues ellemême).

Enfin à la source Élisabeth le sondage, qui n'a pas atteint le calcaire, a rencontré dans les marnes un niveau sableux ou plus probableme.nt une cassure remplie de sable qui le met en communication directe avec le calcaire.

Sur ce _dernier point des expériences directes ont été effectuées en mars 1897. Un ballon de caoutchouc épais, protégé extérieurement par une forte enveloppe de toile,

et muni d'un petit tube permettant d'y insuffler de l'air au moyen d'une pompe, a été descendu dans le forage au moyen d'un tube de fer qui le traversait de part en part

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dans deux tubulures opposées, solidement fixées par deux ligatures. Le ballon, étant d'un diamètre un peu supérieur

à celui du forage, l'obturait complètement aux points où les parois en étaient en bon état de conservation, et l'eau venant des niveaux inférieurs pouvait être recueillie par le tube central ou arrêtée complètement en fermant l'extrémité de ce tube (parfois remplacé d'ailleurs par une simple tige). A la source Élisabeth ce dispositif permit de constater que jusqu'à quelques décimètres au-dessus du fond on ne

rencontre que des marnes dures et non dégradées où l'obturation se fait exactement. Tout écoulement d'eau au-dessus du ballon cesse quand le ballon est gonflé. Seulement au fond, entre 17 mètres et 17m,60, le ballon est gonflé sans obturer ; il y a donc là une cavité, une région oit le terrain s'est délayé ; c'est de là que provient l'eau, et de là évidemment aussi que pro-viennent les sables que la source ramène au jour.

En même temps, un manomètre étant monté sur la

source Alice fermée, quand on obturait la source Élisabeth en gonflant le ballon, on constatait presque instantanément, au bout de quelques secondes, un relèvement brusque de la pression. Et inversement quand, dégonflant le ballon, on laissait couler la source Élisabeth.

Or le même Procédé employé à la source Alice

fit

reconnaître que toute l'eau minérale provient du calcaire à entroques, dans trois niveaux bien diStincts (de 23'1,40 à 23'11,76 ; de 24'1,09 à 24'1,34 ; de 25'1,62 à 26m,03, ce dernier étant le niveau principal). L'obturation au-dessus du premier niveau arrête totalement l'écoulement. On put même, par ce moyen, mesurer séparément les débits des trois venues et en faire des prises pour l'analyse, qui révèle des compositions très différentes, d'ailleurs appréciables au seul goût de l'eau. On reviendra sur ce point.