Annales des Mines (1897, série 9, volume 12) [Image 27]

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gile et de fer ; mais elle est intimement mélangée de sable

siliceux, à grains très fins, et plus ou moins abondant. suivant les lieux, comme Cuvier et Brongniart en ont fait la remarque dans leur Description géologique des environs de Paris. Telle est aussi l'une des causes des différences, celles-ci beaucoup plus grandes, que l'on remarque dans les valeurs de la charge à la suite de laquelle s'est déclarée la première fissure ou bien s'est produit l'écrasement total du cube soumis à la presse hydraulique.

Sous le rapport de l'eau de capillarité, tandis que la craie desséchée pèse, en moyenne, 1.585 kilogrammes par mètre cube, la craie immergée dans l'eau pendant quarante-huit heures en pèse 1.919. La différence, mentant à 334 kilogrammes, représente le poids d'eau- absor-

bée; il forme 21 p. 100 de celui de la craie desséchée. Ainsi, dans les conditions de ces expériences, la craie immergée contient en moyenne une quantité-d'eati remplissant le tiers de son volume.

A l'état -naturel, cette substance ne présente, par rapportà la craie desséchée, qu'un faible excédent de poids de 34 kilogrammes par mètre cube ; par conséquent, elle ne contient guère plus de la dixième partie de l'eau qu'elle absorberait au bout de quarante-huit heures d'immersion. C'est au point de vue de la résistance que les essais fournissent les renseignements les- plus intéressants. Il y a eu des écarts cônsidérables dans, la valeur de la charge sous laquelle est apparue la première fissure. Les différences ont été moindres, au point de vue des charges qui ont produit l'écrasement total ; celles-ci ont varié cependant du simple au double et même un peu audelà, dans chacune des séries d'essais, c'est-à-dire pour les échantillons soit imbibés d'eau, soit desséchés, soit à l'état naturel. Mais on constate, du premier coup d'oeil, que les chiffres

indiquant la résistance de la craie desséchée sont beau-

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coup plus élevés que ceux concernant la résistance de la craie à l'état naturel et de la craie imbibé-e d'eau, de cette dernière surtout. On trouve, en effet, comme moyenne, pour la charge

par centimètre carré ayant amené l'écrasement total, des chiffres bien différents Pour la craie desséchée à l'état ordinaire imbibée d'eau

52 kilogrammes 19,3 I '2,6

L'eau absorbée par la craie de Bougival lui a donc fait perdre les trois quarts de sa résistance. En présence de cet énorme écart, l'ingénieur des_ Mines du département de Seine-et-Oise était d'avis d'admettre que les piliers naturels de la carrière dans laquelle les échantillons avaient été prélevés contenaient une quantité d'eau intermédiaire entre la siccité et la saturation, et 'calculait leur résistance sur le pied de 32 ou 33 kilogrammes par centimètre carré, moyenne des nombres 52 et 12,6 précédemment cités. Dans ces conditions, ils paraissaient présenter une sécurité complète, tandis qu'ils offraient une épaisseur tout à fait insuffisante, eu égard à la profondeur

de la carrière (qui était de plus de 50 mètres) et conséquemment du danger d'effondrement, dans le cas on l'on adoptait une résistance de 12"e,6 seulement. La question avait donc une grande importance '(*).

Nous avons pensé qu'il était indispensable, avant de formuler une conclusion à cet égard, de rechercher quelle

était effectivement dans la carrière la teneur en eau de (*) Nous avons posé les principes du calcul de la charge des piliers souterrains dans deux notices publiées dans les Annales des Mines, savoir : Consolidation des carrières souterraines sous l'emplacement des réservoirs de Montrouge (livr. de mars-avril 1877) ; Consolidation des carrières souterraines sous le prolongement clu chemin de fer de Sceaux dans Paris (livr. d'aont 1895).