Annales des Mines (1895, série 9, volume 8) [Image 149]

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LAMBEAU SUESSONIEN DE BIRIN.

Dyr. On .peut cependant considérer, dans cette énorme masse de 400 mètres d'épaisseur, deux parties. Dans la partie inférieure, qui équivaut à peu près aux deux tiers du tout, on constate la présence de gros rognons de silex et celle de Nummulites calcaires ou siliceuses par places, mais toujours impossibles à dégager. Ces Foraminifères y sont même assez abondants, et il est rare de .trouver un banc n'en renfermant point, c'est de là aussi que M. ,Pierredon a rapporté Thersitea ponderosa. Il faut aussi signaler quelques bancs à gastropodes indéterminables (nombreuses Turritelles, Cérithes, etc.) qu'on aper-

çoit seulement en coupe et sur des morceaux polis par les eaux. La partie supérieure ne présente presque plus traces de silex, les Nummulites y sont rares ; en outre, pas de bancs à gastropodes. En un seul point, au bas du Coudiat Birin (point 1170)

dans une lentille un peu marneuse située à la partie inférieure, dont nous venons de parler, nous avons trouvé des débris d'Ostrea Bogharensis et d'une huître à test très épais, indéterminable, assez semblable à celle du Dekma.. Il semble rationnel de rattacher nos calcaires de Birin à cette zone supérieure du suessonien de Tébessa qui est considérée comme la fin du suessonien inférieur. Nulle part, en Algérie, elle n'a été vue sur une épaisseur aussi Considérable. Dans la région de Boghar, M. Ficheur attribue 150 mètres à des calcaires de même âge. A Tébessa.,,

elle ne dépasse pas 110 ou 120. mètres. Ce sont là les chiffres les plus élevés , constatés. Faudrait-il considérer une partie de ces sédiments comme l'équivalent des grès du suessonien supérieur qui recouvrent en discordance la partie inférieure de cet étage entre Boghar et Sidi-Aïssa? La concordance qui règne entre tous les bancs de cette masse calcaire, leur facies constant, la présence de fossiles caractéristiques du suessonien infé-

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rieur sont peut-être des raisons suffisantes pour nier cette équivalence.

On ne peut non plus supposer que ces calcaires qui ont tous les caractères de ceux de la zone supérieure de Tébessa représentent la totalité du suessonien inférieur, dont l'épaisseur ne dépasse généralement pas 200 ou

250 mètres et qui se subdivise en trois parties 3° Calcaires durs à Nummulites et Thersitea; 2° Calcaires tendres marneux à lits de silex et à phosphates ; 1° Marnes noires à Ostrea multicostatcc.

En effet, à l'est et au sud-est du Djebel-Birin, sur les plateaux d'où il émerge, au travers des limons et des sables rouges, on voit pointer des bancs de silex qui appartiennent certainement à la zone moyenne. Nous avons suivi, sur une longue distance, ces pointements dans l'espoir de trouver.un ravinement nous permettant de constater la présence de cette dernière. lin un seul point très restreint où le quaternaire est raviné, à michemin entre Bir-Ogha et Coudiat-Daït-el-Lebey, nous avons pu voir des calcaires marneux tendres alternant avec des marnes à gypse et des lits de silex (ces derniers n'étant autres que ceux- vus au travers des sables). La direction de ces sédiments est parallèle à celle des calcaires à Nummulites. Malgré nos recherches minutieuses, nous n'avons pas trouvé de couches à phosphate de chaux; mais il ne nous a été donné de voir qu'une faible partie de l'épaisseur totale de ces dépôts. Peut-être le phosphate est-il présent et le manteau sableux ou limoneux le cache-t-il? Cependant il est bon d'ajouter que, dans les débris caillouteux que l'on rencontre dans les limons, nous n'avons remarqué que des calcaires et des silex provenant de l'érosion des couches sous-jacentes.