Annales des Mines (1893, série 9, volume 4) [Image 154]

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PROCÉDÉS D'ESSAI

DES MATÉRIAUX HYDRAULIQUES.

premiers intéressés à ne pas laisser dans leurs ciments de gros grains inertes ; l'excès de poussière impalpable seul pourrait être limité, encore faudrait-il savoir s'il est plus nuisible qu'utile. En l'état actuel, il semble donc que la conclusion la plus sage est aujourd'hui encore celle à laquelle M. Guillain s'était arrêté en 1887, dans son rapport sur le cahier

dation semble justifiable : il donne avec tous les produits un résidu notable et peut servir à, caractériser la propor-

des charges de Boulogne. « Nous ne sommes donc pas en mesure d'inscrire dans le cahier des charges, le degré de finesse de mouture andessus duquel il faut se tenir pour avoir un ciment assez actif, ni le degré au-dessous duquel il convient de rester pour avoir un ciment assez longtemps résistant. « C'est pourquoi le cahier des charges ne parle pas de la finesse de monture. » Si pourtant on veut conserver un essai de finesse, et on peut en être tenté en raison de la simplicité de cet essai et des considérations théoriques qui permettent d'affirmer que ce sera un essai de l'avenir, voyons dans quelle , mesure les dispositions recommandées par la Com-

mission d'essai peuvent être adoptées. Des trois tamis, le premier de 324 mailles, qui pouvait avoir autrefois sa raison d'être avec les grosses moutures, ne présente plus d'intérêt avec les finesses usitées aujourd'hui dans In fabrication des produits hydrauliques ; il ne reste aucun résidu sur ce tamis, c'est donc du temps perdu de s'en servir. Sur soixante-six chaux et ciments essayés au laboratoire de l'École des ponts et chaussées et cités dans le fascicule de la Commission des ciments du 17 juillet 1890, il n'y en a que trois qui aient donné 5 p. 100 de résidu sur ce tamis, et encore sur ces trois échantillons, il semble que deux au moins avaient été préparés spécialement en vue des expériences et n'étaient pas des produits marchands. Le tamis de 900 mailles est le seul dont la recomman-

tion de gros grains qui ne peuvent s'hydrater qu'incom-

plètement au contact de l'eau. C'est le seul employé aujourd'hui dans les pays étrangers. Le tamis de 4.900 mailles est beaucoup trop gros pour

permettre de se faire une idée, même grossière, de la portion de poussière impalpable renfermée dans un produit. La chaux et le ciment portland donnent en moyenne le même résidu sur le tamis. de 4.900 mailles, et pourtant les chaux renferment une proportion infini-

ment plus grande de poussière impalpable. Il n'y a donc aucun motif de conserver le tamis de 4.900 mailles avec celui de 900. La proportion de pousisière impalpable, qui est certaine-

ment un des éléments les plus intéressants à déterminer, ne peut être obtenue par simple tamisage, car on ne peut pratiquement employer des tamis d'une finesse supérieure à 4.900 mailles. Un procédé détourné très simple permet d'avoir, 'sinon une mesure absolue, au moins une mesure comparative

de la proportion des poussières impalpables, c'est la détermination de la proportion d'eau nécessaire pour le gâchage à consistance définie. Cette quantité varie évidemment dans le même sens que la surface totale des grains, laquelle, pour un poids donné de ciment, est proportionnelle au carré des dimensions linéaires moyennes

des grains. On trouve en effet par cette méthode une différence considérable entre les chaux et les ciments, ce que ne faisait pas le tamisage au tamis de 4.900 mailles.

La quantité d'eau nécessaire pour gâcher une chaux est en moyenne le double de celle qui est nécessaire pour un ciment artificiel ; cette quantité peut d'ailleurs être déterminée sans difficulté à 1/20' près de sa valeur. C'est une précision largement suffisante pour établir un