Annales des Mines (1892, série 9, volume 1) [Image 295]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

584

DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS DE GRISOU

bien adhérent au mur, montre une stratification parallèle à celui-ci.

Pour ce qui concerne la nature du charbon, il est à noter que, bien différent de celui des dégagements instantanés de Bessèges et des couches au mur du terrain stérile, il s'est montré naturellement dur, donnant à l'avancement 50 p. 100 de mottes. La teneur en matières vola-

tiles est de 15 à 17 p. 100, celle en cendres de 7 p. 100 pour les mottes et de 17 p. 100 pour le menu ; il paraîtrait que la teneur en matières volatiles à été trouvée à peu près la même pour le charbon projeté par le dégagement que pour celui abattu au chantier. Comme nous l'avons dit plus haut, la cavité produite par le dégagement n'a pas été entièrement nettoyée du charbon projeté; la quantité projetée sur le talus dans la

galerie a été de 48 tonnes, celle extraite de la cavité ou des parois de 28, soit en tout environ 76 tonnes. Si l'on suppose que la quantité de gaz dégagée au premier moment ait été de 4 à 500 mètres cubes, ce qui paraît admissible, on voit que le mètre cube de charbon a donné environ 10 mètres cubes de grisou.

Mesures prises. - Le dégagement instantané survenu le 3 mars 1891 a montré aux exploitants de Bessèges que la manière dont ils avaient procédé pour prendre des précautions spéciales contre ces phénomènes, n'était pas propre à éviter les accidents. Il est évident que les dégagements qui s'étaient produits dans le quartier de Bessèges devaient faire croire qu'en procédant avec des trous de sonde et avec l'abatage au pic, on aurait une assez grande sécurité, la préoccupation principale étant d'éviter l'inflammation du grisou. Mais les dégagements de grisou de Créai ressemblent, par les circonstances, aux dégagements instantanés d'acide carbonique des mines de Rochebelle. Or là on a reconnu que le travail au pic était dangereux, parce que le dégagement d'acide

AUX MINES DE DESSEGES.

585

carbonique se produisait inopinément, sans avertissement préalable, sans doute au moment où un dernier coup de pic ou de pioche rompait l'état d'équilibre instable dans lequel le gaz se trouvait à l'intérieur du charbon. On y a donc été amené à procéder uniquement par Coups de mine, de manière à solliciter, pour ainsi dire, les dégagements dangereux par l'ébranlement du massif. Sans se dissimuler les conditions plus dangereuses où ils se trouvaient par suite de la présence d'un gaz inflammable et explosible, les exploitants de Bessèges ont cru devoir recourir à la même méthode de travail, au moins pour la recoupe en travers-bancs des couches de la galerie de Créai, tout en prenant des précautions spéciales en vue du griSou. Il fut donc décidé que 1° Les coups de mine se feraient exclusivement dans le mur ou le toit de la couche, jamais au charbon. 2° Que les coups seraient tirés un à un, avec des mèches blanches et des allumeurs de sûreté ou par volée .au moyen de l'électricité, les. coups n'étant d'ailleurs chargés qu'avec des explosifs de sûreté. 3° Que les hommes se retireraient pendant le tir dans un refuge spécial, situé à environ 150 ou 200 mètres du chantier, creusé dans la roche, fermé par une porte très solide, s'ouvrant de dedans en dehors (fig. 9). Le refuge

serait aéré par un tuyau branché sur la conduite générale d'air comprimé. Un guichet dans la porte permettrait de voir une lampe de sûreté placée dans une niche en face de la porte et qui donnerait des indications sur l'état de l'atmosphère de la galerie. 4° Afin de diminuer encore les chances d'inflammation

on arrêterait au moment du tir le fonctionnement du Kürting qui envoie l'air au chantier, de manière à ne pas faire de brassage de l'air et à avoir une atmosphère fran-

si lors du tir un dégagement se peirloeindueilslatitg.risouteuse