Annales des Mines (1892, série 9, volume 1) [Image 213]

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mais en même temps son étendue en profondeur se restreint, bien que le niveau de 110 mètres ait été exploité, d'une manière plus ou moins continue, sur une longueur de 250 mètres environ à partir du puits Saint-Georges. Dans toute cette colonne métallifère, la proportion de blende augmente ordinairement d'une manière bien caractérisée avec la profondeur. Après avoir traversé une zone à peu près stérile sur une centaine de mètres en direction, les niveaux du filon Saint-Mathieu ont rencontré une nouvelle région productive, mais moins étendue et moins riche en argent que la première. Les plombs qui en proviennent ne tiennent, en effet, que 1.800 à 2.000 grammes d'argent par tonne, tandis que ceux de la première colonne en renfermaient 2.500 grammes. Le remplissage est moins biendeux; la granulite qu'il renferme est très riche en éléments feldspathiques. Le rendement moyen du minerai brut n'est pas très élevé

pour le filon Saint-Mathieu. En minerai lavé, tenant 50 p. 100 de plomb, il est de 10 à 12 p. 100 seulement, ce qui représente 5 à 6 p. 100 de plomb dans le remplissage.

La granulite n'est pas la seule roche feldspathique que l'on rencontre dans la région sud du filon Saint-Mathieu. Les niveaux de '70 mètres et de 90 mètres y ont

traversé pendant quelque temps un orthophyre à pâte vert-noirâtre, avec cristaux d'orthose blancs, étroits et allongés ; cette roche est très différente de celle qui con-

stitue le grand filon limitant vers l'est les travaux de Pranal. Elle semble former un filon dirigé sensiblement nord-sud, qui aurait été réouvert sur une certaine étendue par la cassure métallifère; celle-ci s'y est montrée à peu près stérile. Elle est d'ailleurs fréquemment bifurquée dans cette région, et les deux branches donnent lieu à des abatages

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DE pONTGIBAUD.

ÉTUDE SUR LES GÎTES MÉTALLIFÈRES

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parfois assez productifs, mais toujours irréguliers. Aux_ avancements sud des niveaux de 50 mètres et 70 mètres,

le filon était stérile et resserré dans le gneiss ; aux niveaux de 90 mètres et de 110 mètres, on n'a pas exploré la région correspondante. Le mode de terminaison du filon du côté du nord est plus obscur que du côté du sud. A l'extrémité de la zone

riche, au delà de la Sioule, le gîte s'est brusquement resserré dans un gneiss très dur, et la roche feldspathique du remplissage a disparu. La plupart des niveaux ont été arrêtés presque immédiatement après avoir dépassé la colonne exploitable; celui de 70 mètres a seul été poussé assez loin au delà de cette colonne pour fournir quelques données précises. Une recherche dirigée vers l'ouest, sur une longueur de 80 mètres, est restée dans le gneiss sans trouver aucune trace de filon ; dans la direction opposée, on. -a recoupé à 100 mètres de distance un filon granulitique avec un peu de minerai, et 50 mètres plus loin un filon analogue, mais absolument stérile. Peutêtre le premier représente-t-il le prolongement du filon Saint-Mathieu, mais les recherches y ont été trop peu développées pour qu'on puisse rien affirmer à cet égard. Plus au nord, en remontant le ravin de Chabanne, en dehors de la région concédée, mais près de sa limite, on observe un affleurement assez bien caractérisé qui semble correspondre à l'alignement général du faisceau de Pra-

nal, et sur lequel il serait intéressant d'entreprendre quelques explorations. Le filon Saint-Mathieu, comme tous les filons de Pranal , donne lieu à des dégagements d'acide carbonique assez importants pour gêner souvent les travaux d'avan-

cement. Pour pouvoir conduire ces travaux sans trop de difficultés, on est obligé d'avoir recours à la ventilation artificielle. Des dégagements analogues d'acide carbonique se ma-. Tome I. 189'2.