Annales des Mines (1892, série 9, volume 1) [Image 184]

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DANS LES EXPLOITATIONS GRISOUTEUSES.

par un bout de mèche Bickford (m), formant tampon, et laissant libre une longueur de tube suffisante pour permettre d'y introduire la mèche venant du trou de mine, et de l'y sertir solidement. - L'autre extrémité du tube est munie d'un obturateur formé de deux boutons de porcelaine (d), percés chacun de trois petits trous et de trois rondelles de toile métallique (t), placées entre les deux boutons, et maintenues à distance les unes des autres par de petites bagues métalliques (b). Cet obturateur a pour but de permettre le dégagement, sans flamme ni étincelles, des gaz produits

depuis 1889 dans diverses exploitations houillères, notamment aux mines d'Anzin, de Ferfay, de Bessèges et de Carmaux; dans certaines compagnies les résultats ont

par la combustion de la charge de l'allumeur et de la

270.000 appareils par an. Peut-être faut-il en chercher les causes dans les conditions où ont été effectuées les essais ; certaines compagnies houillères, n'ayant pas encore reçu le nombre suffisant de pinces spéciales pour l'allumage, ont déterminé l'écrasement au moyen de pinces quelconques, ce qui peut expliquer les déchirures de tubes. Quant aux ratés, ils proviennent probablement d'un défaut de contact de la mèche venant du trou de mine et du bout de mèche placé dans l'appareil. Enfin les détonations avec projection de l'appareil en arrière dénotent un sertissage insuffisant de la mèche. Il est incontestable qu'on peut reprocher à cet allumeur d'être un peu délicat pour être mis entre les mains

mèche Bickford. Pour se servir de l'appareil, on coupe bien perpendicu5!

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NOTE SUR L'ALLUMAGE DES COUPS DE MINE

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lairement l'extrémité de la mèche venant du trou de mine, on place sur elle un allumeur, on le sertit solidement en deux places (a, a') sur la mèche (voir Pl. XI, fig. 2), comme s'il s'agissait d'une capsule-amorce pour dynamite, et on écrase doucement l'allumeur au moyen d'une pince spéciale (P), dont les mâchoires présentent une saillie qu'on applique dans la rainure existant autour

de l'appareil, au tiers de sa longueur, et à la hauteur de laquelle se trouve la petite capsule d'acide sulfurique. Cette capsule est brisée par la compression, et l'acide, se répandant sur le chlorate de potasse, détermine l'inflam-

mation de la mousseline et de la poudre de la mèche. On est averti de cette inflammation par un léger bruit et par un dégagement de fumée à l'extrémité libre de l'allumeur. Le boute-feu n'a plus alors qu'a se retirer pour se mettre à l'abri des éclats du coup de mine. Les pinces construites par la maison Davey, Bickford,

Smith et Ce, réunissent dans le même instrument le coupe-mèche C, le sertisseur S et les mâchoires M servant à l'écrasement des allumeurs. Les allumeurs au chlorate de potasse ont été essayés

été satisfaisants, mais dans d'autres les expériences faites ont donne une proportion assez élevée de ratés, de

détonations avec projection de l'appareil, et de déchirures du tube sous la poussée des gaz. Toutefois, cet insuccès relatif ne saurait être regardé comme définitif, car un appareil analogue, construit beaucoup moins soigneusement, a été accueilli avec faveur dans les mines anglaises, et sa consommation dans ce pays dépasse déjà

d'ouvriers ; car, pour qu'il donne de bons résultats, il faut une certaine expérience et une certaine douceur de main.

Mais nous avons constaté, en faisant personnellement un grand nombre d'essais, que l'on obtient un fonctionnement satisfaisant, si l'on pousse à fond dans le tube la mèche Bickford coupée bien perpendiculairement, si l'on sertit avec force et en deux places l'appareil sur cette mèche, si l'on prend soin d'appliquer exactement la saillie des mâchoires de la pince sur la rainure du tube correspondant à la position de l'ampoule, et si l'on dé-

termine l'écrasement en exerçant un effort très pro-.